Le bien-être animal : un terme qu'on retrouve partout, notamment dans la bouche des consommateurs. Mais qu'est-ce qu'on met derrière ça ? Interbev a travaillé sur une liste d'indicateurs pour évaluer et améliorer le bien-être en élevage. Alimentation, bâtiments entravés, pâturage... : la future charte des bonnes pratiques intégrera des nouveaux indicateurs.
[Interview vidéo] : Améliorer le bien-être animal en élevage bovin viande
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Éleveur de Charolaises dans la Nièvre (58), Emmanuel Bernard a plusieurs casquettes : il est administrateur FNB et président de la commission export d'Interbev. Interrogé à l'occasion du Salon de l'agriculture, il explique avoir participé au groupe de travail sur la création des indicateurs pour évaluer et améliorer le bien-être animal en élevage.
Une charte des bonnes pratiques revue
« Les consommateurs sont demandeurs et regardants sur ces critères de bien-être animal. » S'il existait déjà des outils d'évaluation grâce au projet Welfare quality mené dans les années 90, leur utilisation en fermes restait complexe. L'interprofession de la viande s'est alors penchée sur le sujet en établissant une liste de critères de bien-être servant de support d'évaluation pour les élevages bovins allaitants. Cette base, travaillée en commun avec l'Idele, des éleveurs, des vétérinaires, des coopératives et des entreprises spécialisées, devrait d'ailleurs être par la suite étendue à la filière laitière.
« La charte des bonnes pratiques d'élevage devrait évoluer pour y intégrer ces aspects de bien-être animal mais également environnementaux en plus de la traçabilité et du sanitaire déjà existants. » Cette nouvelle charte devrait être lancée sur le terrain pour 2020. Ainsi, pour chaque indicateur, des mesures seront faites sur le troupeau et l'environnement et un entretien avec l'éleveur sera mis en place.
Apparence, comportement des animaux, alimentation, relation avec l'éleveur... : de nombreux critères seront prix en compte.Les indicateurs se calent sur les célèbres 5 libertés (absence de soif, de faim ou de malnutrition ; absence de peur et de détresse ; absence de stress physique et thermique ; absence de douleur, lésion et maladie ; et possibilité d'exprimer les comportements normaux de son espèces). On trouve alors une quinzaine d'indicateurs qui concernent l'apparence, le comportement, la démarche des animaux, leur propreté, l'alimentation, l'état corporel, la prise en charge de la douleur, la relation avec l'éleveur, les conditions de logement... « À titre d'exemple, l'entravement et l'attache sont des points qui doivent évoluer. On ne va peut-être pas aller jusqu'à l'interdiction de l'attache mais tout nouveau bâtiment devra être conçu autrement. Autre exemple : il y aura des règles sur le nombre d'abreuvoirs, etc. »
Du pâturage et/ou du non OGM : oui mais à quel prix ?
Au niveau du pâturage, Emmanuel Bernard affirme : « Là-dessus, on a plutôt fixé des critères d'autonomie alimentaire dans un premier temps parce qu'un éleveur peut être autonome dans son système sans forcément avoir recours au pâturage et c'est cette économie circulaire là qu'Interbev veut privilégier. » En revanche, la filière devrait peut-être passer le cap du non OGM.
« La charte des bonnes pratiques est une brique du pacte sociétal. C'est un engagement pour la société dans lequel on ne met pas forcément d'argent, du moins dans un premier temps. Mais à côté de ça, on a le plan de filière qui a été signé par toutes les parties prenantes. Là-dedans on a les indicateurs de coûts de production qui peuvent potentiellement faire varier les prix si on y intègre cette charte. »

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