Installé hors cadre familial depuis quatre ans, Félice Branger a immédiatement adopté la monotraite. Et ne le regrette pas malgré un démarrage difficile.
Installé il y a quatre ans, Félice Branger n’est pas issu du milieu agricole. Il a fait des études d’histoire et de gestion mais il était attiré par l’élevage. Il a d’abord pensé créer un atelier d’ovins viande avant de comprendre qu’il dégagerait difficilement un revenu suffisant.
« J’avais une image assez négative de l’élevage laitier qui me semblait très contraignant, jusqu’à ce que je rencontre des éleveurs du réseau Civam », raconte-t-il. Il se renseigne et découvre que la monotraite constitue une bonne option, malgré une perte de chiffre d’affaires relative.
Félice a repris une ferme bio en système herbager, seul. Le troupeau compte 45 vaches. D’emblée, il a adopté la monotraite toute l’année. « Cette pratique apporte beaucoup de souplesse dans l’organisation du travail ce qui me permet d’être plus autonome », constate-t-il. Il travaille avec une Cuma sans chauffeur et quand il faut curer ou faucher, par exemple, les journées seraient très longues en bitraite. Ou alors, il devrait s’appuyer de la main-d’œuvre supplémentaire qu’il devrait payer.
Par ailleurs, la ferme était régulièrement pénalisée sur les taux auparavant. Les cédants trayaient deux fois par jour mais en bio, la ration hivernale n’était pas suffisamment complémentée en raison du prix élevé des concentrés. Félice livre du lait à 45 de TB et 35 de TP en hiver. L’impact sur le prix du lait est conséquent.
Il reconnaît cependant que les deux premières années ont été difficiles. En 2022 quand il s’installe, c’est le début de la guerre en Ukraine et de la flambée des coûts de l’énergie. De plus, la région a subi une sécheresse très inhabituelle qui a pénalisé la production. Enfin, le retour de l’inflation détourne les consommateurs des produits bio. Pour couronner le tout, les paiements des Maec ont été retardés. Rien ne se passe donc comme prévu mais Félice s’organise et passe le cap, au prix d’un revenu proche de zéro. « Je l’avais anticipé, j’avais des réserves parce que je voulais privilégier la trésorerie la première année. » Il ajoute que la monotraite est une pratique facilement réversible, ce qui rassure les banquiers.
Dès 2024, la situation est redressée et l’EBE atteint 91 000 €. Le système de production est stabilisé et les livraisons de lait aussi. La part de pâturage est passée de 40 % à 73 % ce qui génère d’importantes réductions des charges. La monotraite a contribué à cette évolution puisque les vaches se déplaçant moins, elles peuvent pâturer plus loin et plus longtemps. Les factures d’électricité baissent aussi.
En 2025, Félice s’est associé en Gaec avec Marie-Anne Prima, sans volonté d’augmenter la surface ou l’effectif. « Il y a du travail et du revenu pour deux », explique-t-il. Seul, il a calculé qu’il travaillait entre 42 et 45 heures par semaine, soit six heures par jour en moyenne, 365 jours par an. De plus il arrivait au seuil du microbénéfice agricole et risquait de devoir passer au réel, ce qui changeait radicalement les perspectives de rentabilité. Marie-Anne travaillait pour un groupement d’employeurs et le courant est bien passé entre les deux. Le résultat courant à 88 000 € permet aux associés de percevoir un revenu correct pour une charge de travail et des investissements limités.
Votre email professionnel est utilisé par les sociétés du groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters
et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici.
Consultez notre politique de confidentialité
pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.
Notre service client est à votre disposition par mail : serviceclients@ngpa.fr.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
La FNB veut un plan pour « ne plus perdre aucune vache »
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »