Selon une étude comparative réalisée par les Civam, la monotraite ne pénalise pas le revenu des éleveurs, bien au contraire. Cette performance est à mettre au crédit d’une valorisation maximale du pâturage.
Produire moins n’est pas forcément incompatible avec un bon revenu ! Des travaux réalisés à la ferme expérimentale de Trévarez (Finistère) ont montré que la monotraite affecte peu le revenu en système pâturant. La baisse des livraisons est compensée par la hausse du prix du lait grâce aux taux et par celle du produit de la vente des réformes. Le coût alimentaire ramené à 1 000 l de lait progresse légèrement, mais, au final, la marge brute augmente pour l’atelier lait et pour l’exploitation.
Ces résultats sont confortés par une étude qui vient d’être réalisée par les centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam). Les résultats de deux groupes de fermes du réseau ont été comparés. D’un côté, 21 fermes pratiquant la monotraite au moins huit mois par an, dont deux en bio. De l’autre, 18 fermes en bitraite sur plus de huit mois, dont 17 en bio et une en conversion.
Ces fermes n’ont pas de maïs dans leur assolement et ont donc un système de production comparable à celui du premier groupe. Les structures sont un peu plus petites dans le groupe en monotraite (voir le tableau) et, surtout, elles mobilisent un capital nettement inférieur. Elles disposent par ailleurs de 10 % d’herbe en plus par UGB.
Plus de taux et viande mieux valorisée
Les fermes en monotraite produisent un lait plus riche, donc mieux valorisé, ce qui ne compense que partiellement les moindres livraisons de lait par UTH. En revanche, le produit de la vente de la viande est plus élevé de 11 %. Le produit total reste malgré tout plus faible en monotraite mais le résultat courant par associé est plus élevé.
Cela s’explique par un niveau de charges inférieur, en lien avec le pâturage. La monotraite permet d’aller chercher l’herbe plus loin, les vaches pâturent plus longtemps. Elles consomment moins de concentrés et de fourrages récoltés. Dans ce groupe, les éleveurs disposent de 102 ares d’herbe par UGB, contre 93 dans l’autre. Malgré la baisse de la production laitière, le coût alimentaire est quasiment identique dans les deux groupes grâce à une moindre utilisation d’intrants. Les coûts de mécanisation par hectare sont inférieurs de 14 % et les charges vétérinaires sont réduites de 21 % par UGB dans les fermes pratiquant la monotraite. Si le produit et la valeur ajoutée par hectare sont plus élevés en bitraite, le résultat courant est supérieur de 12 % (667 €, contre 597 €).
Meilleures conditions de travail
Les Civam ont calculé la rémunération horaire du temps d’astreinte dans les deux groupes, en évaluant cette durée à quatre heures par jour et par personne en bitraite et à deux heures et demie en monotraite. Elle s’élève respectivement à 13 € et 29 €. « Ce différentiel met en évidence une meilleure valorisation du temps de travail dans les systèmes en monotraite, renforçant ainsi leur viabilité ?. La réduction du temps d’astreinte, rendue possible par une organisation plus simple et un recours accru au pâturage, contribue à ? améliorer les conditions de travail et a ? libérer du temps pour d’autres activités, professionnelles ou personnelles », conclut l’étude.
La réussite économique de la monotraite toute l’année apparaît donc indissociable d’une valorisation maximale du pâturage car la baisse des livraisons de lait doit être compensée par une réduction des charges. La productivité des vaches doit se maintenir au-dessus de 3 500 l pour préserver la rentabilité.
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