« Où sont passés les 300 € par animal perdus en un an ? » Telle est la question que la Fnb a posée aux abatteurs et représentants de la grande distribution lors d’une réunion de crise organisée mercredi 10 septembre entre éleveurs, abatteurs et Gms.
Mais les éleveurs ont fait face à mur. Sur les deux points clés de revendications de la Fnb, à savoir le « patriotisme économique » et le « besoin de revalorisation des prix payés aux éleveurs à hauteur des coûts de production », « les opérateurs de l’aval ont tous, en étroite complicité, opposé une réponse négative. »
Depuis le printemps dernier, les éleveurs de bovins viande alertent les pouvoirs publics et les acteurs de la filière sur la chute des cours et procèdent à des contrôles surprises dans les Gms. En un an, les cours sont passés de 4,5 €/kg à 3,75 €/kg carcasse « alors que les prix aux consommateurs ont continué de progresser ». Et « difficile de savoir où sont passés exactement ces 300 euros par animal » explique Thierry Rapin, directeur de la Fnb. « Une chose est sûre, ce sont les éleveurs qui les ont perdus, et l’aval en profite. »
Des contrôles plus « musclés »
Face au mutisme de l’aval, « les éleveurs feront dans l’immédiat eux-mêmes le ménage dans les rayons des grandes surfaces, avec un seul mot d’ordre, respect des règles d’étiquetage et mise en avant du logo "Viande de France".» Autrement dit, les contrôles inopinés par les éleveurs « vont se multiplier ». Et « on peut craindre que ces contrôles soient plus musclés », prévient-on à la Fnb.
Outre la question des prix, l’étiquetage du pays d’origine fait l’objet « de nombreuses dérives ». Quant au débat européen engagé à l’initiative de la France suite au scandale des lasagnes à la viande de cheval, « il est au point mort », regrette Thierry Rapin.
Lors de la réunion de crise, certains dossiers de fond, tels que le niveau qualitatif général de travail des viandes dans la filière, la segmentation et la mise en avant des races à viande, ou la question des politiques de promotion, ont néanmoins reçu un écho plus favorable de la part des industriels et des distributeurs. Mais ce ne sont pas les prochaines avancées sur ces sujets-là qui redonneront à court terme de meilleurs prix aux éleveurs.
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