La phase 0-6 mois chez la génisse laitière est primordiale pour sa future carrière. « On ne pilote que ce que l'on mesure », affirme Jean-Michel Cuminet, vétérinaire chez Littoral Normand, qui rappelle les enjeux d'un bon démarrage.
« Le démarrage optimal de la génisse laitière se joue dès la naissance du veau », rappelle Jean-Michel Cuminet, vétérinaire conseil spécialisé en génisses, à l'occasion d'un webinaire organisé par Littoral Normand. « Elle doit se dérouler dans un environnement propre, sec et désinfecté. Puis (et ça peut en choquer certains), il faut séparer le veau de sa mère le plus vite possible, notamment pour le soustraire des microbes. » Le vétérinaire rappelle aussi les éléments importants, comme la désinfection du nombril, la prise de colostrum (rapide !) et la mise à disposition d'un logement chaud et confortable.
Objectif > 200 kg à 6 mois
« Le développement corporel du veau est très important. L'objectif est d'être à plus de 200 kg à 6 mois, avec un GMQ de 900 g/j et ce quelle que soit la stratégie d'âge au vêlage. » Et le vétérinaire insiste : « Tout retard de croissance se rattrape difficilement, voire pas du tout. »
100 g de GMQ en plus entre 0 et 2 mois, c'est 155 litres de lait en plus en première lactation car c'est durant cette phase que démarre la fabrication du tissu mammaire.
Cela passe notamment par la phase lactée avec un apport suffisant et régulier. « Un veau de 50 kg a besoin de 5 000 kcal/jour. Il y en a 660 kcal/l dans le lait entier. Il lui en faudra donc 7 à 8 l/jour en phase plateau (dès la fin de la deuxième semaine). »
Devenir ruminant
« On veut que la génisse devienne un ruminant le plus vite possible pour minimiser le coût de la phase lactée », rappelle Jean-Michel Cuminet. Pour cela, on lui distribue rapidement des aliments solides et de l'eau : « Un foin très fibreux ou de la paille, un aliment premier âge, et de l'eau, dès la première semaine. »
« Pour passer au sevrage, il faut que l'animal consomme au moins 2 kg de concentré, ait doublé son poids de naissance (généralement vers 8-9 semaines) et soit en bonne santé. Si ces trois critères ne sont pas présents, mieux vaut le retarder d'une semaine ou deux », tempère l'expert.
Le sevrage est une étape stressante donc il faut éviter de le cumuler avec d'autres changements (changement de bâtiment, changement de lot, d'alimentation, des manipulations, etc.). Il recommande alors de lancer le sevrage en deux étapes espacées de 5 à 7 jours : « On va passer de 2 repas de 4 litres à 2 fois 2 litres puis 1 fois 2 litres. »
En post-sevrage, il faudra apporter une ration équilibrée, non acidogène et suffisante en MAT. « Gare aux pathogènes responsables des troubles respiratoires, prévient le vétérinaire. Même chose pour le parasitisme : la coccidiose et les strongles (même en bâtiment !). »
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