Passage en force. Les transformateurs se sont passés d’un débat au Cniel pour réajuster à leur avantage la « valo beurre-poudre ».
Quadruple mauvais coup pour la filière lait, que ce gros coup de rabot sur la valorisation beurre-poudre du Cniel, indicateur du marché des ingrédients. Pour la crédibilité de l’interprofession. Pour les relations si délicates à nouer entre organisations de producteurs et laiteries. Pour la confiance entre sociétaires coopératifs et responsables de leur entreprise. Et, finalement, pour la dynamique du prix du lait, qui promettait enfin de faire face à celle des charges. Ce mauvais coup couvait depuis février, quand avait filtré cette rumeur d’une réévaluation des coûts de transformation du beurre-poudre par l’Atla, association des transformateurs privés et coopératifs. Il en a d’ailleurs été clairement question au stand Lactalis du Salon de l’agriculture, où tous les responsables de ses OP ont défilé.
Débat au Cniel court-circuité
Personne n’osait imaginer que cette question ne serait pas débattue au Cniel. L’actualisation des coûts des transformateurs, sur la table depuis 2011, est devenue urgente avec la hausse des coûts énergétiques. Mais de leur côté, les représentants des producteurs demandent des contreparties, légitimes. Comme la prise en compte de leur propre coût de revient par toutes les laiteries. Comme l’actualisation non seulement des charges de l’indicateur du marché des ingrédients, mais aussi des produits à valeur ajoutée (poudres infantiles…). Comme la révision de la pertinence du prix allemand pour évaluer la valorisation des PGC export… À l’évidence, les industriels ne voulaient pas de ce débat et sont passés en force. Fin avril, à l’heure où nous écrivons, l’interprofession serait en plein travail pour tenter de trouver un accord qui doit se faire à l’unanimité.
Sodiaal et Lactalis sur la même longueur d’onde
Annonçant son prix avant le début du mois, Sodiaal est le premier à être sorti du bois. Le - 48 € appliqué dans sa formule sur la valorisation beurre-poudre Cniel l’a conduit, en avril, à rabioter de 10 € son prix, à 401,12 €/1 000 l (38/32, avec 90 % de A, 10 % de B). Mais dans le même temps, Lactalis, était sur la même ligne. Résultat : aucun accord, et un 404 € pour toutes ses OP. Si Laval était resté sur l’indicateur beurre-poudre officiel, il aurait payé plus de 415 €. Eurial a suivi la même logique mais avec un prix d’avril supérieur : 410 €/1 000 l en Bretagne-Pays de la Loire. Si nos industriels ont du mal à dépasser ce seuil de 400 €, ce n’est pas le cas chez nos voisins d’Europe du Nord. Certes, leur prix est réputé très réactif, mais leur performance est sans doute un cran au-dessus. Au T1, Friesland Campina, aux Pays-Bas, a payé 417,40 €/1 000 l de moyenne. Et sur avril, 445 € (38/32).
Jean-Michel Vocoret
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