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Journée droits des femmes[Étude Civam 44] Quid de la parité hommes/femmes en bovins ?

La traite est-elle réservée surtout aux éleveuses ? Et la comptabilité ? En ce 8 mars 2021, journée internationale des droits des femmes, revenons sur une étude du Civam de Loire-Atlantique sur la répartition des tâches en élevage bovin, agrémentée de quelques témoignages d'agricultrices.

Parmi les 49 participants à l'enquête du Civam de Loire-Atlantique sur la répartition des tâches en élevage bovin : 22 éleveuses et 27 éleveurs, à 80 % en vaches laitières et 12 % en viande. La majorité sont sont chef(fe)s d'exploitation (94 %) et issus du monde agricole (73 %). 40 % sont âgés de 50 à 65 ans, 30 % de 40 à 49 ans et 30 % également de 28 à 39 ans. 1er enseignement de l'étude : les tâches d'astreinte (traite, alimentation du troupeau) sont réalisées aussi bien par les femmes que les hommes. Par contre, les chantiers culturaux sont plutôt effectués par les exploitants. 

50/50 sur les tâches d'astreinte.

À voir aussi >> Ci-dessous, des statistiques sur les femmes en agriculture : 

Des astuces pour se faciliter la vie sur la ferme

Un résultat que le Civam attribue à un « héritage culturel » et à une ergonomie des matériels peu adaptée aux agricultrices. Toutefois, ces dernières ne manquent pas d'idées pour y remédier. D'après l'appel à témoignages « On peut le faire », réalisé dans le cadre du focus « la bio au féminin » du salon La Terre est notre métier 2020 (virtuel pour cause de Covid-19), Marie des Côtes-d'Armor a investi dans un télescopique dès son installation pour « porter le moins possible ». Kristel du Finistère, elle, a installé une potence et utilise des planches sur roulettes pour transporter les big bags. 

Autre réalité qui perdure : la comptabilité reste largement réservée à la gente féminine. Mais les courriers et les mails beaucoup moins alors qu'on aurait peut-être pu penser le contraire. Quid du ménage ou de la lessive, inclus dans le sondage parce que souvent intimement liés au travail quotidien sur l'exploitation agricole (qui ne lance pas son lave-linge, après avoir trait par exemple et avant d'alimenter les animaux ?) ? Force est de constater qu'ils incombent presque exclusivement aux éleveuses ! Une tendance de moins en moins prégnante cependant dans les jeunes générations. 

« Échanger pour une organisation égalitaire »

La distribution des tâches « satisfait la plupart des répondants, mais certaines femmes aspirent à davantage d'autonomie et aimeraient déléguer certains travaux domestiques », conclut  Luna Terrier, enquêtrice pour le Civam 44. Des exploitantes, intervenant dans l'appel à témoignages cité ci-dessus, y sont parvenues. « Avec mon mari, on a travaillé et beaucoup échangé sur la parité du travail à la ferme, indique Mathilde (Loire-Atlantique). Aujourd'hui, on a une organisation égalitaire sur l'exploitation et à la maison ! ». « Nous faisons en sorte avec mon conjoint d'être interchangeables pour toutes les tâches, raconte Marie (Côtes-d'Armor). Chacune a son responsable, lui ou moi, mais toutes les décisions sont prises en concertation ». 

Près de 20 % de revenu en moins

Et côté revenu des agricultrices ? Là, les inégalités ont la vie dure : dans ce sondage, les productrices laitières perçoivent 17,2 % de moins que leurs homologues masculins, soit 1 450 €/mois en moyenne contre 1 750 €. En bovin viande, c'est même 20 % (750 € comparé à 940 €/mois). Une différence notable mais inférieure malgré tout aux 30 % pointés par la MSA en 2017 toutes productions confondues (imposition au régime réel).

Aider les agricultrices à s'épanouir professionnellement.

L'objectif de ce travail : « engager une réflexion collective pour lutter contre les stéréotypes de genre » , dans le secteur agricole, et en particulier de l'élevage, explique Émilie Serpossian, animatrice agriculture durable au Civam 44. Ceci pour mieux «  aider les agricultrices à s'épanouir professionnellement et les inciter à communiquer sur leur expérience, notamment dans les établissements scolaires, afin d'ouvrir encore plus largement aux femmes l'accès à ce métier qui demeure très masculin ».

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