Après une rapide progression au printemps 2022, les cours se maintiennent depuis le mois de mai à un haut niveau. Les cotations demeurent cependant en dessous des prix de revient permettant d'assurer un revenu décent à l'éleveur.
« La sécheresse induit des baisses de poids de carcasses, sur des animaux dont les poids avaient déjà diminué avec la hausse des prix de l'aliment, la tendance n'est plus à l'agrandissement des troupeaux... A cela s'ajoute une décapitalisation dont nous ne voyons pas l'issue », résume Philippe Chotteau à l'occasion d'une conférence de l'Idele au Sommet de l'élevage. Le nombre de vaches allaitantes est en recul constant, avec 3,1 % de vaches allaitantes en moins au 1er septembre par rapport à 2021. La tendance semble être à la réduction des cheptels, avec peu de primipares intégrées aux troupeaux (- 3,4 % par rapport à la même période en 2021), explique l'Institut de l'élevage dans les tendances viandes bovines.
Des prix hauts mais toujours en dessous des coûts de production
Cette tendance pousse au maintien des cotations des bovins, même si les hausses de prix sont beaucoup moins marquées qu’au printemps. A la fin de la première semaine d’octobre, la vache U standard cotait à 5,68 €/kg de carcasse, et la vache R à 5,38 €/kg de carcasse (soit + 27 % par rapport à 2021). L’Institut de l’élevage (Idele) et l’interprofession bovine estiment toutefois le prix de revient de la vache de type viande à 5,82 € le kg au premier semestre 2022 (en intégrant une rémunération de l’éleveur à hauteur de 2 Smic), indicateur qui pourrait être revu à la hausse pour la seconde partie de l’année compte tenu de la hausse des prix des intrants.
Le nombre de jeunes bovins abattus en France à l’automne est stable par rapport au niveau de l’année précédente. La cotation du JB U a gagné 3 centimes en dix semaines pour atteindre les 5,29 €/kg de carcasse à la fin de la première semaine d’octobre. A l’échelle européenne, les JB sont assez recherchés par les abatteurs, qui cherchent à faire tourner leurs outils de production. L’indicateur de coût de production de l’Idele affiche également le coût de revient de 5,64 €/kg pour les JB, supérieur aux cotations actuelles.
Il en est de même pour la vente de broutards (mâles et femelles), tirée vers le haut par le manque de disponibilité et une ferme demande de la part de l’Italie et des pays tiers. De plus, le retour des pluies à l’automne n’a pas précipité les ventes d’animaux. Le cours du broutard Charolais avoisinait les 3,44 €/kg vifs à la fin de la première semaine d’octobre, soit une hausse de 28 % par rapport à 2021. La décapitalisation pèse sur les exports, avec – 9 % d’exports vifs à la mi-septembre alors que les engraisseurs algériens, tunisiens ou italiens recherchent des broutards pour répondre à leur demande nationale.
Votre email professionnel est utilisé par les sociétés du groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters
et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici.
Consultez notre politique de confidentialité
pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.
Notre service client est à votre disposition par mail : serviceclients@ngpa.fr.
« Je suis passé de 180 à 140 vaches laitières pour faire face au changement climatique »
La production de viande bovine va diminuer en 2026… mais moins vite
À qui revient l’entretien des haies sur les parcelles louées ?
Chez Étienne, l’atelier d’engraissement de génisses tourne au quart de sa capacité
Prix du lait 2025 : une hausse record à 502 €
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard