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Reportage en élevages charolais (08)Acheter les taureaux en copropriété pour accéder à une meilleure génétique

Depuis une quinzaine d'années, Christophe Emon et Alexandre Chatelot achètent leurs taureaux ensemble. (©Terre-net Média)
Depuis une quinzaine d'années, Christophe Emon et Alexandre Chatelot achètent leurs taureaux ensemble. (©Terre-net Média)

Depuis 15 ans, Christophe Emon et Alexandre Chatelot, éleveurs de Charolaises dans les Ardennes (08), achètent leurs taureaux ensemble. Cette stratégie permet d’avoir accès à une génétique diversifiée à moindre coût et de partager le risque. Reste ensuite à concilier les critères des deux agriculteurs !

Christophe Emon et Alexandre Chatelet se sont installés en même temps sur deux exploitations différentes, et à force de se concerter pour l'achat de taureaux, ils ont décidé de les acheter ensemble. Ils partagent maintenant neuf reproducteurs : trois taureaux à génisses et six taureaux à vaches pour leurs deux troupeaux d’environ 140 mères charolaises. Ils disposent également d’un dixième taureau en copropriété avec un autre voisin. 

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Deux taureaux pour le prix d’un  

« Pour le même budget, on a deux taureaux ! On peut se permettre d’acheter des bêtes que l’on n’achèterait pas tout seul », explique Christophe. Mais l’aspect économique n’est pas le seul à avoir conquis les deux éleveurs : « partager les taureaux, c’est aussi partager le risque, précise Alexandre, quand on met un certain prix, c’est plus rassurant d’y aller à deux, et l’on gagne en souplesse. Une année Christophe a eu un problème avec un taureau, j’ai pu le dépanner ».

Depuis 15 ans que l’on partage les taureaux, les deux troupeaux commencent à avoir un peu le même sang

Les deux exploitations sont conduites de manière assez semblable. Elles ont les mêmes périodes de vêlages (une première entre octobre et décembre, et une seconde de février à avril) et écoulent toutes deux leurs mâles en broutards. Elles ont également des systèmes d’alimentation assez similaires, et travaillent avec les mêmes produits. « Cela fait quinze ans que l’on fait nos achats en commun. A force, les deux troupeaux ont un peu le même sang donc nos besoins se rapprochent », explique Christophe.

Les deux éleveurs s’accordent sur des taureaux assez mixtes, pour travailler à la fois la viande, mais aussi les qualités maternelles, et allouent une attention toute particulière à la voie femelle. Ils achètent généralement des animaux jeunes et surveillent les aplombs pour assurer sa longévité et en faire profiter les deux exploitations.

Mais acheter à deux, c’est aussi avoir deux fois plus de critères ! Alexandre a beaucoup pratiqué l’IA, il cherche donc des animaux sans liens de parenté avec ceux des stations pour pouvoir les utiliser sans avoir à se poser de question sur la consanguinité. Après avoir eu des cas d’ataxie, il évite les porteurs hétérozygotes du gène, et s’intéresse à la facilité de naissance pour travailler le vêlage deux ans. Christophe cherche, quant à lui, à améliorer le gabarit de ses animaux, alors les deux éleveurs l’admettent « parfois, il faut faire des concessions ! Sur les deux achats, il y a parfois un coup de cœur pour l’un plus que pour l’autre ».

Taureau en stabulation
Les animaux sont prélevés afin d'avoir des doses lorsqu'ils ne sont plus présents sur l'exploitation (©Terre-net Média)
 

Je regarde les concours et la morphologie, lui les index et les origines

Pour le choix des taureaux, c’est souvent Christophe qui prend la voiture : « j’aime bien aller voir les élevages », confie l’éleveur, qui a d’ailleurs quelques bonnes adresses, alors qu’Alexandre travaille davantage sur les origines et index. « On est assez complémentaires, on profite de l’expérience de l’autre. C’est aussi un moyen de ne pas travailler seul. C’est toujours rassurant d’avoir un autre avis pour ce genre d’investissement ».

Les jeunes éleveurs achètent généralement des mâles de six mois, qui sont élevés chez Alexandre pendant deux ans. Les frais d’élevage sont partagés entre les deux exploitations. Les taureaux effectuent une campagne complète sur chaque exploitation (hiver et printemps). « Il faut avoir confiance en l’autre élevage sur le plan sanitaire. Nous n’avons pas de problème d’IBR, donc cela facilite aussi les choses », précise Alexandre.

L’IA pour faciliter le partage

« Le taureau que nous avons à trois ne vient pas sur nos exploitations. On le fait prélever et l’on profite des doses ». Les éleveurs font également prélever leurs meilleurs taureaux pour pouvoir continuer à les utiliser après leur départ ou lorsqu’ils ne sont pas présents sur l’exploitation, et achètent des doses au GIE Ardennes Elite Charolais.  

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