En 2006, le Danemark accueillait le congrès European Dairy Farmers avec un slogan : « Debt is good » (la dette est bénéfique). C’était l’époque où les éleveurs investissaient dans la croissance, soutenus par des banques qui misaient sur une hausse continue de la valeur des terres. Deux ans plus tard, les crises immobilières et financières ont provoqué l’effondrement de cet édifice.
En 2019, le congrès est de retour au Danemark. L’occasion de constater que ces éleveurs n’ont pas fini de se remettre de la crise. Leur dette moyenne s’élève à 20 000 €/vache. Beaucoup ont mis la clé sous la porte et ceux qui restent tiennent notamment parce qu’ils ne paient que les intérêts de leur dette. Le capital est remboursé en fin de carrière. Mais les actifs restent en moyenne inférieurs à la dette.
Pour s’en sortir, les Danois ont érigé un modèle fondé sur une recherche d’efficacité à tous les niveaux. Et ce d’autant plus que la terre et la main-d’œuvre coûtent cher. Avec des vaches très productives (11 286 kg de lait standard pour les éleveurs du réseau) et une organisation du travail remarquable, ils produisent 367 kg de lait standard par heure travaillée contre 250 kg pour la moyenne des éleveurs EDF. Leur prix d’équilibre a baissé de plus de 40 € depuis la fin des quotas et s’établit à 327 €/t de lait standard, primes Pac incluses. La poursuite de l’agrandissement permet clairement de diluer les charges.
Les Français s’en sortent bien
Cette expérience montre que la difficulté pousse à l’excellence, et écarte ceux qui ne l’atteignent pas. On retiendra aussi la bonne performance des éleveurs français du réseau. En 2018, ils ont contenu l’augmentation des coûts et réduit leur prix d’équilibre de 23 €/t, tout en touchant un prix du lait correct par rapport à leurs voisins.
En revanche, la situation des Néerlandais inquiète. Avec des coûts en hausse et des réglementations environnementales qui obligent à réduire les effectifs d’animaux, ils voient leur compétitivité reculer.
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