Déçus par un ministre de l’agriculture resté « trop flou » lors de sa visite inaugurale du Sommet de l’élevage mardi 3 octobre, les représentants de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs attendent encore les détails de la mesure de défiscalisation du cheptel qu’ils réclament depuis plusieurs semaines dans le cadre du projet de loi de finances 2024 en discussion.
Si la mesure est bien actée, c’est Bruno Le Maire en personne qui viendra en préciser les contours dans la matinée de vendredi 6 octobre à Cournon. Mardi, Marc Fesneau a indiqué que la mesure pourrait représenter un effort budgétaire de 50 à 100 M€ en faveur des éleveurs. « On vise plutôt 100 que 50 », ont insisté les leaders du syndicalisme majoritaire, lors d’un point presse mercredi 4 octobre.
Il faudrait entre 120 et 140 M€ pour compenser l’impact fiscal de la survalorisation du cheptel dans les comptabilités des élevages. La FNSEA espère tout de même que l’enveloppe débloquée par Bercy permettra un « plafond à 15 000 ou 16 000 € » par exploitation. Reste aussi à savoir quels animaux entreront dans le périmètre de la mesure.
Intégrée au projet de loi de finances en cours de discussion, la mesure s’appliquerait pour la fiscalité de 2024.
« La politique de Bruno Le Maire interpelle »
Au-delà de ces détails fiscaux, le ministre de l’économie est attendu de pied ferme dans les allées du Sommet de l’élevage, « à un moment où la politique de Bruno Le Maire interpelle ». Les éleveurs attendent des propos rassurants du ministre sur le projet de loi sur les négociations commerciales.
« Nous souhaitons lui réaffirmer que le travail des éleveurs doit être respecté et qu’il n’est pas question de toucher aux dispositions des lois Egalim 1 et 2 ! », a expliqué Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. « Alors qu’on a perdu 200 000 vaches en un an, Bruno Le Maire doit nous montrer qu’il a bien compris l’enjeu de conserver et soutenir l’élevage français. Car il s’agit bien d’investir pour préserver l’élevage en France. »
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