Tout commence le mercredi 21 décembre avec un appel d’une éleveuse pour trois génisses de six mois couchées. Commence ? Pas tout à fait. Entre le 18 et le 19, une génisse est morte dans cet élevage. Une autopsie a été programmée. Elle est morte brutalement, sans symptômes apparents, et l’éleveuse trouve que la carcasse a « gonflé rapidement ».
L’élevage comprend un atelier d’engraissement intégré de 68 génisses, principalement des croisées BBB, et un atelier de poulets de chair. Les bovins sont nourris au foin, à l’ensilage de maïs et au concentré fourni par la coopérative à laquelle appartiennent les génisses.
Pas de fièvre
Lors de ma visite, je remarque les symptômes suivants sur les génisses : elles sont incapables de se relever, mais réagissent toujours lorsqu’on les pince très fortement. La sensibilité profonde est donc conservée, la queue a gardé son tonus. Les animaux ne font pas de température et leurs muqueuses sont très légèrement congestives. En regardant tout autour de moi, je remarque autre chose : trois génisses sont debout, mais tremblent de l’arrière-train et avancent en manquant d’équilibre (on parle alors d’ataxie).
Deux principales hypothèses m’apparaissent : du botulisme (une forme plutôt lente, chronique) ou une carence en vitamine E et sélénium appelée « la maladie du muscle blanc ».
Afin d’exclure le botulisme, je jette un œil aux principales voies de contamination : le tas d’ensilage n’est pas très bien conservé (moisissures), rien à dire en revanche du côté du foin et du concentré, stocké dans un silo, et distribué manuellement à l’aide d’une pelle. A priori, pas de contact avec l’autre atelier de la ferme, un élevage de poulets de chair. Afin d’exclure totalement cette maladie, je prélève des bouses et je les envoie dans deux laboratoires (c’est le protocole) : Labocéa et le Laboratoire national de référence pour le botulisme.
Vacciner pour protéger le reste du lot
En attendant les résultats, la première génisse est autopsiée : aucune lésion n’est visible, notamment les fameux « muscles blancs ». Les trois génisses couchées ne se lèvent toujours pas mais ont gardé leur appétit. Deux génisses supplémentaires refusent de se lever, et l’on trouve toujours deux ou trois animaux ataxiques dans le lot.
Le 26 décembre, les fèces des trois animaux prélevés reviennent positives à la présence de la toxine du botulisme (type D-C). Une vaccination du lot est réalisée afin de protéger le reste des animaux. Il n’y a eu aucun autre animal malade en dehors des cinq génisses couchées qui ont malheureusement dû être euthanasiées.
La cause probable de la contamination serait le tracteur de l’exploitation, dont le godet qui sert à la distribution de l’ensilage a été utilisé pour transporter les cadavres de poulets congelés jusqu’au bac d’équarrissage. Il est important de rappeler quelques règles de biosécurité : séparation stricte du matériel utilisé pour le poulailler et pour les bovins, désinfection impérative si utilisation de la pelle du tracteur, stockage du fumier de volailles et de bovins au minimum six semaines et utilisation sur des parcelles destinées à la culture pendant au moins deux ans avec enfouissement par un labour profond. L’utilisation de chaux vive et de produit sporicide pour la désinfection des locaux, du matériel (+ fumier avec chaux vive) est recommandée.
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