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Traite robotiséeSavoir interpréter les données du robot pour éviter les mammites

La brosse du robot se doit d'être impeccable car elle va réaliser le nettoyage pour chacune des vaches et risque de croiser les contaminations. (©Terre-net Média)
La brosse du robot se doit d'être impeccable car elle va réaliser le nettoyage pour chacune des vaches et risque de croiser les contaminations. (©Terre-net Média)

« Mammites et robot : ce n'est pas une fatalité », affirme Stanislas Desvois, référent robots pour Littoral Normand. Selon lui, il faut se fier aux alertes de l'outil pour agir au bon moment et ainsi éviter la pathologie.

« En salle de traite, on a les vaches sous les yeux deux fois par jour ; c'est plus facile de détecter une mammite. En robot de traite, il faut savoir lire les informations fournies par la machine, à savoir : la conductivité, la production quotidienne et le comptage cellulaire », explique Jean-Pierre Massoz, vétérinaire conseil pour Littoral Normand.

Interpréter les données du robot

Stanislas Desvois est référent robots pour l'entreprise de conseil en élevage. Il poursuit : « La conductivité seule ne nous indique pas s'il y a une contamination. Elle doit être analysée sur la durée et quartier par quartier. C'est la régularité qui est importante. »

Le robot fournit également une estimation cellulaire. Bien que celle-ci ne soit pas aussi précise que la donnée du contrôle laitier, elle est quotidienne. Et,  « en la mettant en parallèle avec la conductivité, on obtient un système d'alerte précis qui nous indiquera quand faire du contrôle plateau chez une vache. »

D'autres paramètres sont aussi à surveiller comme la fréquentation du robot, l'historique de production (pour déceler un décrochage éventuel) et le nombre de traites incomplètes.

Ne pas oublier d'aller voir la vache

Une fois l'éventuel souci repéré à l'écran, les experts rappellent un point essentiel : aller voir l'animal ! Il faudra alors réaliser un contrôle CMT (plateau, aussi appelé leucocytest). « Souvent en robot, le problème réside dans la contention. L'éleveur doit avoir un parc à côté du robot pour pouvoir intervenir en toute sécurité et isoler la vache. Il doit au minimum s'équiper d'un thermomètre, d'un bol à fond noir, du plateau et de bracelets de repérage », recommande le vétérinaire

« En cas de traitement antibiotique, il faudra paramétrer le robot pour empêcher la traite durant 8 heures pour permettre au produit de bien pénétrer dans la mamelle. Sans oublier le circuit d'écartement du lait ensuite. »

Aller plus loin dans le nettoyage du robot

L'hygiène de traite et de la mamelle sont des points primordiaux pour éviter les mammites. L'hygiène du robot compte aussi beaucoup. « Un robot de traite fonctionne en moyenne 7500 à 8000 heures/an. Faites le parallèle avec un tracteur, cela demande forcément de l'entretien ! » Stanislas Desvois attire l'attention sur les contacts trayons, et la caoutchouterie.

Pour les éleveurs équipés d'un robot Lely, il explique : « Lorsque vous effectuez le nettoyage quotidien du robot, pensez à nettoyer et désinfecter le capot du bras qui vient régulièrement toucher l'attache de mamelle. Même chose pour la casquette qui est en contact direct avec les manchons. Ne pas hésiter à la retourner pour la nettoyer et la désinfecter. C'est l'une des clés de contamination croisée des plus importantes. »

Le brossage est lui aussi à passer à la loupe : « Les brosses sont conçues pour 30 000 traites mais il peut être intéressant de travailler avec 2 jeux de brosses qu'on intervertit tous les 10 000 traites. Et lorsqu'on les démonte, on les fait tremper durant 2 à 3 jours dans une solution désinfectante puis on les laisse s'égoutter et on les stocke dans un endroit propre et sec. » Il recommande également de régler le robot de façon à diviser la phase de brossage en deux temps avec une désinfection intermédiaire entre deux.

Autre vérification : la désinfection des manchons. « Démontez le capot pour vérifier la pression au nettoyage. Avant fonctionnement, elle doit se situer entre 4 et 4,5 bars puis descendre entre 0 et 1 au lavage. On doit apercevoir de la vapeur s'échapper mais pas trop. »

Mêmes éléments de surveillance pour les robots de la marque Delaval auxquels Stanislas ajoute la caméra (qui entre parfois en contact avec les trayons avant et devient un réservoir à bactéries), le système de rinçage des manchons (volume d'eau à vérifier), et le lait résiduel dans les manchons (notamment à cause du système de manchons têtes en bas). En cas de résidus, l'expert recommande aux éleveurs d'augmenter la durée du vide après décrochage pour mieux assécher le tuyau.

Éléments de rappels : les germes pathogènes

Le vétérinaire Jean-Pierre Massoz liste en guise de rappel les trois pathogènes majeurs, responsables des mammites :

- Streptocoque Uberis, qui provient principalement de l'environnement et cause à la fois des mammites cliniques et subcliniques. « Il pénètre dans le quartier principalement en période sèche donc attention à vos tarissements ! »

- E. Coli, qui se trouve plutôt dans l'environnement et affecte principalement les débuts de lactation.

- Staphylocoque Aureus. « Lui se loge assez loin dans le parenchyme mammaire et s'avère bien armé pour échapper aux défenses immunitaires, d'où les difficultés rencontrées avec cette bactérie. »

Rédactrice en chef de Web-agri

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