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Transformation laitièreS. Fromont (59): « Ne pas avoir peur de se lancer, en restant prudent bien sûr »

Marie gère le laboratoire d'une main de maître. Elle s'occupe également des commandes et se déplace sur les marchés. (©Terre-net Média)
Marie gère le laboratoire d'une main de maître. Elle s'occupe également des commandes et se déplace sur les marchés. (©Terre-net Média)

Doucement mais sûrement : ce pourrait être la devise de Sylvie et Marie Fromont, deux agricultrices bien ancrées dans la transformation laitière et la vente directe. Toutes deux ont su avancer prudemment pour valoriser aujourd'hui 140 000 litres de lait à 50 cts/l.

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Sylvie et Marie Fromont, mère et fille, sont installées à Thun-Saint-Amand, au-dessus de Valenciennes dans le Nord. Elles transforment leur production laitière depuis une dizaine d'années. « En 2009, face à la crise du lait, on avait deux possibilités : arrêter le lait ou se lancer dans la transformation. On a choisi de remettre en marche le matériel de mamie, soit l'écrémeuse, la baratte, et on s'est lancées tout en suivant des formations. »

Yaourt et beurre : les produits phares

Aujourd'hui, la petite famille transforme 140 000 litres de lait, valorisé à 50 centimes du litre. Les deux femmes produisent du beurre et des yaourts (pas moins de 23 parfums !), les deux principaux produits vendus, mais aussi des yaourts à boire, du fromage blanc (entier, nature ou sur coulis de fruit, et également du 0 % en réutilisant le lait écrémé de la production de beurre), du lait battu, de la crème fraiche et des glaces.

Elles vendent leurs produits dans le magasin à la ferme, en livraison dans les collectivités et restaurants, sur les marchés, mais aussi plus récemment dans leur distributeur automatique.

Distributeur automatiques
Depuis un an, les agricultrices ont installé un distributeur automatique devant la ferme. (©Terre-net Média)

Bien dimensionner son laboratoire

« On a commencé prudemment, sans gros investissements. Puis on s'est fait connaître et le petit laboratoire de mamie était devenu trop petit face à la demande. Alors on a investi 120 000 € dans un laboratoire de 75 m2 avec du matériel adapté et plus performant. On en a aussi profité pour monter le magasin tel qu'il est aujourd'hui. »

Dans le laboratoire, on retrouve donc : un pasteurisateur, une baratte en inox avec un poussoir à beurre, une thermocelleuse pour le conditionnement des yaourts, une lisseuse pour le fromage blanc, et les chambres chaudes et froides.

Sylvie recommande vivement d'être aidé dans son projet : « Nous, on s'est fait accompagner par l'ARVD (l'association régionale des vendeurs directs), notamment pour le dossier de normes sanitaires, les formations, la conception du laboratoire et le gros dossier des normes européennes pour livrer dans les collectivités. »

Production, transformation et vente : une organisation à trouver

Marie et Sylvie s'organisent pour gérer les trois jours de transformation hebdomadaires. Sur l'élevage, Sylvie gère la traite et les soins aux veaux. Son mari (théoriquement en retraite) et son fils (salarié sur la structure) s'occupent du reste. Marie quant à elle, alterne entre le laboratoire et le camion sur la route des marchés. Sa sœur vient également leur prêter main forte deux jours par semaine.

« Une semaine type pour nous c'est : lundi, mardi, mercredi dans le laboratoire, jeudi en livraison, et vendredi, samedi, dimanche sur les marchés. Sans parler du distributeur à remplir plusieurs fois par jour sur la ferme. On n'a pas le temps de s'ennuyer », constate Sylvie. Pour autant, l'agricultrice se sent épanouie : « J'aime aussi bien faire les vaches, transformer le lait que vendre mes produits. J'aime le contact avec les gens. En fait pour moi, c'est un ensemble. »

Et elle incite d'autres éleveurs à reprendre la main à leur tour : « Quand on fait de bons produits et qu'on aime ça, il ne faut pas avoir peur de se lancer, il y a de la place et des marchés à prendre ! »

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