Revenu, temps de travail, congés, retraite : les producteurs de lait seraient-ils déconnectés du modèle social français ? Les premiers débats de l’assemblée générale de la FNPL, à Arras (Pas-de-Calais), les 20 et 21 mars, interrogeaient sur ce thème. Et le sentiment le mieux partagé est bien que le prix du lait n’est pas à la hauteur pour atteindre cet objectif. « Marre d’entendre sans cesse qu’il faut s’adapter, être plus compétitif, etc. La vérité, c’est que nous sommes parmi les moins bien payés d’Europe et toujours la variable d’ajustement de la filière », s’insurge André Bonnard, secrétaire général.
Autant dire que l’attente des EGA, avec la promesse d’un prix juste, est énorme. « Et nous n’avons encore rien vu », a insisté le président Thierry Roquefeuil. Il a rappelé le travail de l’interprofession laitière, qui a rapidement exprimé un prix de revient de 396 €/1 000 litres devant servir de référence dans les négociations commerciales. « Ce chiffre, c’est la vraie vie, celle de nos fermes et nous n’y sommes pas. »
C’est ici que la confusion est possible : laisser entendre que le prix du lait pourrait être à ce niveau-là prochainement, alors que cette valorisation concernera au mieux 40 % des volumes liés aux PGC vendus en France ; et à condition que la logique des EGA ne soit pas limitée à quelques effets d’annonces sur les grandes marques, et surtout qu’elle se diffuse sur les MDD et les premiers prix. À cela, le ministre de l’Agriculture a rappelé qu’il y aurait une commission d’enquête sur les pratiques commerciales pour mettre au grand jour ce qui s’est réellement passé entre transformateurs et distributeurs. « 2019 est la première année de quelque chose de nouveau. Il faut réussir cette construction en avant du prix », a-t-il ajouté.
Les promesses sont là. Quant aux attentes sociétales sur l’environnement et le bien-être animal, largement évoquées à Arras, Thierry Roquefeuil a rappelé que les engagements du plan de filière avaient un préalable non négociable : une juste rémunération.
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