Le gouvernement français "n'acceptera jamais" que les producteurs de lait produisent à perte, a déclaré vendredi le Premier ministre François Fillon, au lendemain de l'échec des négociations sur les prix entre éleveurs et industriels.
L"e gouvernement met une pression maximale sur cette négociation. On n'acceptera jamais que les producteurs de lait soient condamnés à produire à perte", a affirmé M. Fillon sur Europe 1. "On est assez proches de trouver un résultat, on est à quelques euros de différence", a estimé le Premier ministre, ajoutant qu'il fallait que "les négociations avancent vite".
Producteurs et industriels qui se sont rencontrés jeudi pour un premier round de négociations, sous l'égide de deux médiateurs nommés par le gouvernement, n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le prix du lait pour l'année 2009. Une "réunion de la dernière chance" est prévue mardi prochain, avait indiqué en soirée la Fédération nationale des producteurs de lait (Fnpl).
Les producteurs ont demandé un prix moyen annuel pour 2009 de 305 euros pour mille litres alors que les industriels en proposaient 267 à 268 euros, selon Henri Brichart, président de la Fnpl. Pour éviter un enlisement des discussions, les producteurs ont accepté de baisser le prix à 290 euros "mais les industriels ont refusé tout mouvement", avait regretté M. Brichart.
Un appel que semble avoir entendu M. Fillon
Les industriels, qui se sont félicités de la reprise du dialogue avec les producteurs, n'ont pas souhaité commenter ces chiffres. L'échec des négociations n'a pas "totalement surpris" le président de la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea), Jean-Michel Lemétayer. "Les positions des industriels et des producteurs étaient trop éloignées", selon le patron du premier syndicat agricole français, dont la Fnpl est la branche spécialisée dans le lait.
M. Lemétayer a appelé le gouvernement à intervenir auprès des industriels "pour leur faire comprendre qu'il est plus important de prendre en compte le revenu des producteurs qui leur fournissent leur matière première que de penser aux dividendes à servir aux actionnaires". Un appel que semble avoir entendu M. Fillon. En attendant "l'ultime" rencontre de mardi, "les producteurs restent très mobilisés" sur le terrain, a assuré M. Lemétayer. Ces derniers dénoncent la baisse de 30% des prix du lait du mois d'avril. Ils ont mené de nombreuses actions de protestation ces derniers jours, bloquant laiteries et grandes surfaces dans toute la France.
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