Madrid, 23 sept 2015 (AFP) - Une partie du secteur laitier espagnol a signé mercredi un accord destiné à revaloriser les prix, en l'absence cependant des principales fédérations d'éleveurs, qui l'ont rejeté, le jugeant trop timoré.
Cet accord a été signé par l'Association nationale des grandes entreprises de la distribution (Anged), qui représente les supermarchés Carrefour, Auchan, Eroski ou encore Hipercor, l'Association espagnole des distributeurs et supermarchés (Asedas) et l'Association des chaînes espagnoles de supermarchés (Aces) dont Lidl est membre, selon un communiqué commun.
La distribution s'engage à « promouvoir une meilleure stabilité dans les relations entre tous les agents de la chaîne » de production du lait.
L'association agraire des jeunes agriculteurs (Asaja) a aussi ratifié ce texte non-contraignant soutenu par le ministère de l'Agriculture, parlant d'un « accord historique » dans un communiqué.
Les principales organisations représentatives des éleveurs laitiers, Upa et Coag, l'ont en revanche rejeté. « Il ne garantit pas un prix couvrant les frais de production », a reproché Andoni Garcia de Coag et « il nous laisse, nous les éleveurs, dépendants de la décision de l'industrie et de la distribution ».
Selon un porte-parole de la fédération rurale de Galice (Fruga), il faudrait que les éleveurs soient payés entre 32 et 34 centimes par litre de lait pour couvrir leurs frais, mais les prix sont parfois inférieurs à 25 centimes. La Galice compte plus de 9.000 fermes et produit environ 6 millions de litres de lait par jour, soit 40 % de la production nationale, selon Fruga et Unions agrarias.
Des milliers de tracteurs ont bloqué début septembre les rues de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis les éleveurs ont encerclé pendant plusieurs jours une vingtaine de laiteries et des centres de distribution. « Il est quasiment certain que nous devrons nous remobiliser » si aucune hausse des prix du lait ne se concrétise, prévient le porte-parole de Fruga.
Les éleveurs espagnols, comme leurs voisins français et portugais sont touchés par la baisse des cours du lait depuis décembre 2014, conséquence de la fin des quotas européens en avril, après 30 ans de régulation, ainsi que par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires, qui a contribué à engorger le marché européen. En parallèle, la demande chinoise, en pleine croissance depuis 2010, s'est brusquement réduite de moitié.
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