Engrais azotés : stabilisation temporaire des prix, dans un marché toujours sous tension

Article réservé aux abonnés.

Sacs de fertilisants
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix des engrais azotés ont flambé de plus de 15 % sur le marché français. (©Nuan, AdobeStock)

Après la flambée des prix liée au conflit au Proche et au Moyen-Orient, le marché des engrais azotés semble se stabiliser, du moins temporairement. Car l'accalmie reste fragile : coûts énergétiques élevés, euro affaibli et détroit d'Ormuz quasi paralysé maintiennent une tension durable sur les prix. La tendance haussière « pourrait désormais évoluer de façon plus mesurée », estime l’analyste Nicolas Pinchon.

Après plusieurs semaines de hausse liée à la guerre au Proche et au Moyen-Orient, le marché des engrais azotés semble entrer dans une phase d’ajustement, observe ce 24 mars l’analyste Nicolas Pinchon sur Terre-net : « la majorité des besoins pour la campagne de printemps étant couverte, de nombreux acteurs adoptent une posture prudente, limitant les engagements à court terme ».

Sur le segment de l’urée notamment, les prix ont grimpé en peu de temps (576,5 €/t pour l’urée départ port le 27 février, 678 €/t le 23 mars) mais les transactions se font désormais plus rares au-dessus des niveaux de la semaine dernière, « signe que les opérateurs peinent à accepter ces nouveaux seuils de prix ».

La possibilité d’une trêve voire de la fin de la guerre annoncées il y a quelques jours par Donald Trump ont apporté « un léger espoir d’accalmie », mais l’analyste tempère : l’incertitude reste totale – ce mardi, 25e jour du conflit, les frappes israéliennes se poursuivent en Iran et au Liban – et cette évolution de prix « doit être interprétée comme un répit temporaire plutôt qu’un retournement durable ».

Car le marché reste sous tension, porté par les niveaux élevés des prix de l’énergie depuis le début des affrontements.

La quasi-paralysie du trafic dans le détroit d'Ormuz continue de perturber l'approvisionnement en gaz, indispensable aux unités industrielles de fabrication, ainsi que celui des engrais eux-mêmes. « La réouverture du détroit reste un enjeu clé pour fluidifier les échanges et assurer un approvisionnement plus régulier du marché », note Nicolas Pinchon.

À cette pression énergétique s’ajoute une parité eurodollar défavorable : l’affaiblissement de la monnaie européenne face au billet vert enchérit le prix des engrais importés et renforce la tendance haussière sur le marché européen.

Du côté de la Commission européenne, alors que la suspension de la taxe MACF pour le secteur des engrais semble définitivement enterrée, le commissaire à l'agriculture Christophe Hansen s'est exprimé sur le sujet le 17 mars, reconnaissant que « l'accès à des engrais en quantité suffisante et à un prix abordable » constitue « une des faiblesses » de l'UE, selon nos confrères de Contexte.

Il a annoncé que son plan d’action destiné à « remédier aux vulnérabilités structurelles », à « stimuler la production d'engrais biosourcés et à faible teneur en carbone » et à « diversifier les chaînes d'approvisionnement » serait présenté au printemps. Un dialogue stratégique sur les engrais est par ailleurs prévu pour la mi-avril.

Réagir à cet article
Bons plans
Aperçu des marchés
Vaches, charolaises, U= France 7,72 €/kg net =
Vaches, charolaises, R= France 7,57 €/kg net -0,01

Météo
Le nouveau quota d'importation dans l'UE est fixé à 30 600 tonnes de viande bovine australienne.

L'Australie et l'UE signent un vaste accord commercial

Importations

Tapez un ou plusieurs mots-clés...