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Abattoirs AimColère des salariés contre leurs actionnaires, les éleveurs de porcs

Saint-Ebremond-de-bonfossé (France), 24 fév 2015 (AFP) - De 150 à 200 salariés des abattoirs normands en grande difficulté Aim ont manifesté mardi leur colère devant le siège de leurs actionnaires, les éleveurs de porcs de Cap 50, ont constaté des journalistes de l'Afp.

« Cap 50 nous a saignés », « Aim = Gens bons enfumés », « Cap 50 désosseurs d'entreprises », « Aim : salariés en colère », pouvait-on lire sur des banderoles accrochées aux grilles du siège de cette coopérative qui est le principal actionnaire et le principal fournisseur de l'entreprise, à Saint-Ebremond-de-Bonfossé (Manche), près de Saint-Lô.

Les salariés de Sainte-Cécile, siège et abattoir principal d'Aim, à une demi-heure de Saint-Lô, ont allumé des fumigènes et lancé des œufs sur le bâtiment. Ils ont aussi planté des croix blanches devant, peint le slogan "voleurs" en lettre rouge sur les fenêtres et déversé de la sciure à cochons. L'abattoir de Sainte-Cécile, qui emploie environ 400 personnes, est menacé de fermeture totale après le retrait, lundi, d'une offre pour ce site qui aurait repris 118 personnes. « Le problème c'est que nos principaux actionnaires sont aussi nos fournisseurs de porcs. Il faut que Cap 50 baisse le prix auquel ils vendent le porc à Aim » pour ne plus « faire fuir » les repreneurs, a déclaré Aurélie Balleroy déléguée Cgt de l'abattoir de Sainte-Cécile.

« Nous avons alerté par courrier le procureur de faits pouvant relever d'abus de biens sociaux (par Cap 50) », a en outre indiqué l'avocate des salariés Elise Brand à l'Afp. Cap 50, qui a racheté Aim en 2003, est notamment accusée d'avoir fait perdre 22 millions d'euros en quatre ans à Aim en l'obligeant à vendre sa viande moins chère qu'elle ne l'achetait à la coopérative. Une enquête préliminaire va être ouverte sur le sujet, selon le parquet. « Evidemment qu'on va investiguer là-dessus, mais la priorité aujourd'hui doit être de trouver une solution de sauvegarde des emplois », en trouvant un repreneur, a indiqué à l'Afp le procureur de la République de Coutances, Renaud Gaudeul.

Le tribunal de commerce de Coutances doit examiner le 6 mars les offres de reprises sur Aim. Mardi matin le procureur a, lors d'une audience au tribunal de commerce, demandé une « prolongation jusqu'au 6 mars de la période d'observation » d'Aim décidée au moment du redressement judiciaire le 6 janvier. Le tribunal rendra sa décision vendredi. Il ne peut pas prononcer de liquidation avant le 6 mars, selon le parquet.

Le directeur de Cap 50, Olivier Remigereau a reçu des syndicalistes mais n'a pas souhaité répondre à l'Afp. « On trouve effectivement que Cap 50 est très éteint et peu actif en termes de propositions. Nous les invitons à sortir du bois pour s'asseoir à une table et mettre en confiance d'éventuels repreneurs », a indiqué à l'Afp le vice-président Eelv de Basse-Normandie François Dufour. Mais « dans le contexte actuel du prix du cochon, et tant que rien ne sera fait politiquement pour éviter la spéculation sur les aliments du bétail, il est quasi impossible d'aller demander à des producteurs de baisser le prix du produit », a ajouté ce producteur de lait.

Aim emploie près de 600 personnes au total. Son deuxième abattoir le plus important, qui emploie 179 personnes à Antrain (Ille-et-Vilaine), fait l'objet de deux offres, l'une reprenant 107 salariés, l'autre 71. Le tribunal de commerce de Coutances doit examiner ces offres le 6 mars. Cap 50 a racheté Aim en 2003 aux fondateurs de l'entreprise qui partaient en retraite

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