La fédération des éleveurs de chevaux professionnels a appelé ses adhérents à ne plus payer la TVA, car les éleveurs amateurs n'appliquent pas, eux, la législation fiscale, ce qui représente selon elle une « concurrence totalement déloyale ».
« Devant cet état de non droit sur le territoire français, nous avons demandé à l'ensemble des éleveurs professionnels de vendre leurs chevaux sans TVA », pour rétablir un « minimum d'égalité », a indiqué à l'AFP vendredi le président de la FNEPE, Jacques Largeron. La filière cheval française est la seule filière agricole où la production est réalisée en majorité par des éleveurs non professionnels (moins de 5 chevaux), à hauteur de 80 %, alors que la fédération réunit environ 1 800 adhérents professionnels. « L'objectif du syndicat n'est pas d'interdire l'élevage amateur, mais a minima que nos entreprises puissent vivre », affirme Jacques Largeron. « Tout dépend de ce qu'on appelle un amateur ou pas un amateur, ou du régime fiscal que vous choisissez », a déclaré pour sa part Yves Chauvin, président de la Société hippique française à l'AFP, en reconnaissant cependant que le client qui achète un cheval « se trouve avec une différence de prix qui paraît assez folle entre le professionnel et l'amateur, correspondant au montant de la TVA qui est de 20 % ».
Le taux de TVA s'est en effet alourdi pour les professionnels depuis 2013, passant de 5,5 % à 20 %. La fédération des éleveurs professionnels s'est adressée à ce sujet en début d'année au ministre de l'action et des comptes publics, Gérald Darmanin, qui a rappelé dans un courrier que « l'élevage de tous animaux, et notamment d'équidés, constitue par nature une activité agricole » et « qu'un propriétaire-éleveur de chevaux est assujetti à la TVA ». « Ces règles sont de nature à assurer l'égalité de traitement entre toutes les personnes qui élèvent des équidés et procèdent à leur vente », conclut le courrier du ministre. Interrogé par l'AFP, Bercy a indiqué vendredi que « la direction générale des finances publiques suit le sujet de près pour faire appliquer la loi ». L'élevage d'équidés en France par des éleveurs non professionnels génère « un flux financier d'environ 600 millions d'euros, ce qui représente 120 millions d'euros de TVA non collectée », selon Jacques Largeron.
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