Paris, 5 fév 2016 (AFP) - La filière des palmipèdes à foie gras estime que l'épizootie de grippe aviaire qui frappe le Sud-Ouest lui coûtera 270 millions d'euros, dont 140 millions pour les industriels.
Pour endiguer l'épizootie de grippe aviaire qui a démarré en Dordogne cet automne, le gouvernement a décidé de mettre en place un vide sanitaire de cinq semaines dans les élevages de 18 départements à partir du 18 avril. L'élevage de canetons d'un jour ne pourra reprendre que mi-mai après une complète désinfection des élevages. Les entreprises vont donc devoir arrêter leurs activités du 2 mai au 15 août, date à laquelle elles auront de nouveau des palmipèdes à abattre.
« Il va y avoir un arrêt d'activité pendant 15 semaines pour au moins 4.000 salariés des abattoirs et entreprises de transformation », ce qui vient s'ajouter à « l'arrêt des exportations vers les pays tiers », a expliqué la secrétaire générale du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), Marie-Pierre Pé, vendredi lors d'une conférence de presse à Paris. Le Cifog a chiffré le préjudice pour ces entreprises à 140 millions d'euros. Le gouvernement a déjà annoncé une aide de 130 millions d'euros pour les accouveurs et producteurs de palmipèdes touchés, mais a indiqué que les indemnisations complémentaires pour les entreprises seraient précisées ultérieurement.
La profession attend maintenant la publication au Journal officiel la semaine prochaine d'un arrêté précisant les mesures de biosécurité à prendre à l'avenir pour éviter les épidémies de grippe aviaire pour toutes les productions de volaille, dans toute la France. Certaines dispositions déjà connues comme l'obligation de ne pas mélanger les « bandes », c'est-à-dire les catégories d'âge des volailles, s'avéreront particulièrement contraignantes pour les producteurs de foie gras, qui devront construire de nouveaux bâtiments pour séparer les volatiles.
Le Cifog estime donc à 220 millions les investissements que nécessiteront des mesures de biosécurité et prévient déjà qu'elles entraîneront dans l'immédiat « une diminution des capacités de production ».
La filière évalue au minimum à 9 millions de canards à foie gras, par rapport à un total de 36 millions produits l'année dernière, la chute de la production en 2016. Cela impliquera à la fin de l'année une « revalorisation du prix évidente », a souligné le président du Cifog Christophe Barrailh.
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