Lyon, 13 août 2015 (AFP) - Il comptait servir du canard et du porc impropres à la consommation... à son mariage, mais la Justice a obligé le fermier peu regardant sur l'hygiène à détruire ses produits en le menaçant de le placer en garde à vue.
« Une catastrophe sanitaire a été évitée samedi dernier, c'est certain », a déclaré jeudi le parquet du Puy-en-Velay à l'Afp, confirmant une information du quotidien La Montagne. L'affaire avait débuté le 4 août dans une ferme de la petite commune rurale de Chamalières-sur-Loire (Haute-Loire), peuplée de moins de 500 habitants.
Alertés par des voisins de cet éleveur d'une quarantaine d'années, incommodés par les odeurs et préoccupés par l'insalubrité des lieux, les services vétérinaires s'étaient rendus sur place. Ils constataient alors « un certain nombre d'infractions sur le plan de l'hygiène et sanitaire avec des animaux malades ou morts, ainsi que la présence de bactéries mortelles pour l'homme », a détaillé le parquet. « Oies, canards, poules, cochons... tous ces animaux étaient malades, mais l'homme vivait dans des conditions telles que, pour lui, ça n'avait rien de grave », a-t-on ajouté.
L'affaire se corse lorsque l'éleveur leur confie qu'il a fait des conserves avec ses canards et préparé de la viande de porc et qu'il compte bien les servir aux 80 convives invités à son mariage, le samedi suivant. Aux services vétérinaires, qui réclament la destruction de la viande et l'euthanasie des animaux malades, il oppose un refus catégorique. Le parquet du Puy-en-Velay explique alors l'avoir mis en demeure : « soit il détruit tout, soit son mariage est annulé et il est placé en garde à vue pour mise en danger d'autrui ». Le magistrat exige même un certificat d'un traiteur attestant la prise en charge des mets du banquet, de l'entrée au dessert.
Le 7 août, les gendarmes et services vétérinaires ont procédé à la destruction des produits incriminés, tandis que les animaux malades ont été abattus. Une enquête a été ouverte pour « mise en danger d'autrui, actes de cruauté sur animal et non-enlèvement de cadavres par l'équarrisseur », selon le parquet.
Plusieurs analyses sont en cours sur l'eau des abreuvoirs, soupçonnée d'avoir intoxiqué les animaux, ainsi que sur les bêtes elles-mêmes. Les résultats seront connus d'ici une quinzaine de jours et l'éleveur pourra alors être entendu par les enquêteurs. « Ils ont limité les dégâts ! », a déclaré à l'Afp le maire de Chamalières-sur-Loire, Eric Valour. « Mais il est trop tôt pour qu'on sache exactement ce qu'il s'est passé. Des analyses sont en cours et on attend les résultats », a-t-il dit.
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026