Caen, 9 mars 2015 (AFP) - L'entreprise présentée comme l'unique « piste sérieuse » de reprise du principal abattoir de l'entreprise en difficulté Aim, à Sainte-Cécile (Manche), s'est retirée, a-t-on appris lundi auprès des syndicats et de la direction.
« Nous avons malheureusement appris samedi 7 mars que le candidat que nous qualifions de "piste sérieuse" et qui travaillait depuis 10 jours sur le dossier a finalement renoncé », indiquent les administrateurs judiciaires dans un courrier aux salariés, dont l'Afp a eu une copie. Le candidat estime la reprise « trop aléatoire et trop risquée pour l'avenir », selon le courrier, daté de dimanche. La direction d'Aim, interrogée par l'Afp, a confirmé cette information.
L'abattoir de Sainte Cécile emploie 351 personnes selon la direction, 375 selon les syndicats.
Vendredi, cette « piste sérieuse » avait été évoquée devant le tribunal de commerce de Coutances (Manche), selon le parquet. La Cfdt s'était dite soulagée d'avoir « échappé à la liquidation ». Le tribunal avait repoussé l'examen des offres au 19 mars.
Les salariés avaient dans la soirée voté une reprise du travail ce lundi par 157 voix pour, 60 contre et 11 abstentions, selon la Cfe-Cgc. Mais la reprise semblait compromise lundi. « Les salariés sont dégoûtés. On se fout de nous », a réagi Aurélie Balleroy, déléguée Cgt du site, qui a toujours été contre la levée de la grève entamée le 19 février. C'est la seconde fois en moins de trois semaines qu'une entreprise s'intéresse à ce site avant de jeter l'éponge.
Une offre avait été annoncée le 19 février par Declomesnil, une petite société soutenue par Sofiproteol, poids lourd des huiles et protéines végétales (groupe Avril,) présidée par le numéro un de la Fnsea, Xavier Beulin. Mais cette proposition, qui prévoyait de conserver 118 emplois, avait été retirée quatre jours plus tard.
La Cfe-Cgc et la Cfdt sont toujours pour une reprise du travail lundi matin, selon la Cfe-Cgc. « Si on veut au moins avoir une chance de faire une étude en interne pour que les salariés reprennent l'outil, avec peut-être les collectivités, il faut qu'on ait de la trésorerie », a estimé Sébastien Lafon de la Cfe-Cgc. Selon lui, une réunion est prévue à 14h30 en préfecture.
Placé en redressement judiciaire le 6 janvier, le groupe Aim emploie 590 salariés en France. Seul, l'abattoir d'Antrain (179 personnes en Ille-et-Vilaine), fait l'objet d'offres, l'une prévoyant la sauvegarde de 107 emplois, l'autre de 71.
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