Prairies diversifiées et santé animale : quelles perceptions chez les éleveurs ?

« Les éleveurs réfléchissent l’utilisation de leurs prairies en fonction des besoins physiologiques des animaux, et des objectifs de production mais pas en fonction de son impact sur la santé directement », rapporte Timothée Petit. (©Sébastien Closs /Adobe Stock)

Pour les éleveurs, la gestion de la ressource est au cœur de la conduite du système fourrager, bien avant les services santé que peuvent apporter les prairies diversifiées.

Permettant un coût alimentaire moindre, les prairies constituent également un des piliers de la transition agroécologique pour les nombreux services qui leur sont reconnus. Parmi eux, l’impact des prairies diversifiées sur la santé des animaux est encore peu exploré.

Une enquête menée dans le cadre du Projet Praidiv -dont l’objectif est de travailler sur le potentiel des prairies diversifiées pour la santé animale- a voulu observer la façon dont les éleveurs conçoivent le lien entre cette diversité et la santé de leurs animaux, et la manière dont ils le valorisent.

Dans un webinaire de l’Institut de l’Elevage, Timothée Petit, enseignant chercheur en productions animales à l’ESA d’Angers nous communique les résultats d’une enquête terrain, menée auprès d’une trentaine d’éleveurs en système herbager.

Des éleveurs herbagers plus ou moins avertis

En France, de récents travaux portant sur une vingtaine d’éleveurs situés dans le grand ouest, ont montré que l’utilisation des prairies n’était pas à des fins de santé, mais plutôt de satisfaction des besoins physiologiques. « Les éleveurs réfléchissent l’utilisation de leurs prairies en fonction des besoins physiologiques des animaux, et des objectifs de production mais pas en fonction de son impact sur la santé directement », rapporte Timothée Petit.

La première enquête menée dans le cadre du projet Praidiv a permis de distinguer quatre profils d’éleveurs selon leur conception du lien entre diversité des prairies et santé animale. Cette enquête a été réalisée auprès d’une trentaine d’éleveurs herbagers bovins laitiers et allaitants, ainsi qu’ovins et caprins, situés en région Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, et dans les départements de la Haute-Saône et l’Indre.

Parmi les quatre profils identifiés, on retrouve les expérimentateurs (n = 7), les pseudo-spécialistes (n = 9), les opportunistes (n = 3), les indifférents (n = 11). « Aucun lien n’a été retrouvé entre ces groupes et les zones d’enquête, ni même par rapport à la part de prairies permanentes, au type de production, ou encore à la labellisation en agriculture biologique », souligne l’enseignant-chercheur.

Timothée Petit définit les différents profils : « les éleveurs expérimentateurs font beaucoup de parallèles entre l’animal et l’homme dans le lien entre la prairie et la santé, ils font des tests et sont en attente de services santé dans leur gestion du système fourrager.

Les pseudos spécialistes, quant à eux, associent la prairie avec des structures agroécologiques -telles que les haies- pour des bénéfices de bien-être et de santé. Ils considèrent que la diversité telle que présente dans leur exploitation contribue à apporter des bénéfices pour la santé animale.

Ensuite, les éleveurs opportunistes sont globalement peu éclairés sur la question et ne sont pas tant en recherche de bénéfices santé des prairies. Cependant, ils peuvent en bénéficier quand la diversité prairiale est présente sur leur exploitation.

Enfin, plus d’un tiers des répondants, sont dits « indifférents ». Ils n’attendent pas de services particuliers de la part de leurs prairies, et sont peu éclairés en termes de connaissances ou de pratiques ».

« La gestion de la ressource est au centre de la gestion du système fourrager »

Un second volet a porté sur l’analyse de la place donnée à la santé et au bien-être animal dans l’allocation de parcelles de prairies, au cours d’une saison de pâturage dans 8 élevages. Les résultats montrent que la santé et le bien-être animal sont peu mobilisés pour justifier des allocations de parcelles dans un circuit de pâturage. La gestion de la ressource, la préservation du potentiel agronomique des prairies ou l’organisation du travail restent parmi les points les plus importants pour les éleveurs. Timothée Petit annonce « la gestion de la ressource au quotidien est structurellement au centre de la gestion du système fourrager puisque ça représente 60 % des justifications dans le pilotage du système fourrager ».

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