François Corson conduit une citerne de 30 000 litres pour ramasser 80 000 litres en trois tournées dans la journée auprès d’une dizaine de producteurs de lait. Destination : le site de Sodiaal de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor. « Je travaille deux jours d’affilée de 5 h à 15 h 30 puis me repose deux jours, ainsi de suite. » Au début du confinement, il a créé sur Facebook « Le groupe des chauffeurs laitiers » dont l’accès est privé. « Il rassemble aujourd’hui une trentaine de chauffeurs et de techniciens laitiers de Sodiaal mais aussi d’autres entreprises. Nous avons besoin d’échanger entre nous, de créer du lien. » À cette occasion, un de ses collègues lui suggère l’idée d’ouvrir un compte Twitter. Lui en a un depuis des années. Aussitôt dit, aussitôt fait ! François crée le compte @FrancoisCorson. Son objectif : relayer les bonnes initiatives.
« Les dessins des enfants font chaud au cœur »
Depuis la fin mars, il publie les encouragements et les remerciements des producteurs pour son travail et celui de ses collègues. Il poste les dessins des enfants et bien sûr retweete les publications de Sodiaal (@SodiaalCoop) et des Laitiers Responsables (@LesLaitiersResp) sur le sujet. « L’accueil des producteurs de lait est chaleureux. Ils sont contents que les chauffeurs laitiers viennent chercher leur lait. Paradoxalement, même si nous ne croisons plus les éleveurs ou alors de loin, le coronavirus crée du lien. »
Depuis le confinement, François Corson assure la collecte, équipé de masque, gants, gel hydroalcoolique et lingettes fournis par Sodiaal. « L’application des mesures d’hygiène strictes allonge mon temps de travail de trois quarts d’heure à une heure. Je prends beaucoup de précautions. Je n’ai pas peur. Ce travail ne me fait pas prendre plus de risques que de faire mes courses au supermarché. » Pour lui, il y aura un avant et un après coronavirus. « Déjà présente dans les sites de transformation, la sécurité sanitaire va prendre de l’ampleur. »
Claire Hue
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