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Le mercredi, au Space comme ailleurs, c’est la journée des enfants. Des tout-petits jusqu’aux lycéens, ils partagent tous une passion et parfois le même rêve, celui de devenir éleveur.
Cette année, une thématique leur était dédiée : la robotique, « un enjeu pour redonner de l’attractivité au métier auprès des jeunes ». Mais peut-on parler d’attractivité lorsque l’Insee nous apprend que 25 % des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté ? L’automatisation est bien sûr un moyen de réduire la pénibilité du travail. Mais elle s’inscrit souvent dans un schéma implacable de course à la productivité et à l’agrandissement qui peut être un piège… conduisant à l’impasse. On l’a vu avec la crise : investir trop lourdement est très délicat à digérer dans un monde toujours plus volatil. Le droit à l’erreur n’existe plus. Conscients de ces réalités, les éleveurs y vont avec prudence et par étapes. D’autres explorent des voies alternatives pour sécuriser leur revenu. Celles de la diversification (méthanisation…) ou de la valeur ajoutée.
Et il y a ceux qui, sur un plan plus politique, n’ont pas renoncé à défendre une certaine forme de régulation. Ainsi, l’EMB poursuit dans l’ombre son travail de lobbying pour instituer des garde-fous contre la volatilité des marchés. Ses propositions ont le mérite d’échapper à la logique de concentration accélérée de la production qui continuera à faire des dégâts dans les territoires ruraux. Le moyen de laisser encore le droit de rêver à tous ces jeunes éleveurs en herbe ne passe-t-il pas par là ?
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