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Paroles de lecteursEt vous, comment logerez-vous vos vaches demain ?

 Quel logement pour vos vaches d'ici quelques années ? (©Terre-net Média)
Quel logement pour vos vaches d'ici quelques années ? (©Terre-net Média)

Si certains lecteurs de Web-agri ne voient pas leurs vaches autrement qu'en pâtures toute l'année, d'autres préfèrent les loger en bâtiment, au moins l'hiver. Mais alors, entre aire paillée, logettes sur paille, caillebotis ou matelas, voire litière au miscanthus, les avis divergent. Quelques-uns proposent même de revenir aux étables entravées. Pour plusieurs d'entre vous, face aux pressions sociétales, la stabulation du futur ressemblera plus à un « hôtel 4 étoiles », ou à des hangars désaffectés parce qu'il n'y aura plus d'élevage...

« Dans les prés, au milieu de la bonne herbe », s'écrit Dominique Payen.

« D'ailleurs, 87 % des élevages bovins en France sont extensifs », rappelle Thibaut Le Cuyer.

« Dehors les vaches ! », lance aussi Jacqueline Braire. « Il faut simplement les rentrer l'hiver quand la température est très basse », nuance-t-elle.

« Et encore... » Selon Erwan Le Rolland, ce n'est une obligation donc.

Fabrice Saloux est d'accord : « Les vaches souffrent de la chaleur, pas du froid ! »

Claude Locard va plus loin : « À l'origine, les animaux sont faits pour vivre dehors par tous les temps. »

Au milieu de la bonne herbe.

« À l'origine, les humains vivaient dans des cavernes... », rétorque Benoît Damonneville.

« Dehors les vaches ! »

« Comme les humains, on les a habituées à trop de confort, enchaîne Claude Locard, précisant qu'il « plaisante ». « J'ai eu des vaches laitières et celles, qui passent l'hiver dehors, produisent beaucoup moins », déclare-t-il.

Marie-Thérèse Davoine acquiesce et demande à @Jacqueline Braire : « Quelle production de lait avec votre système ? » « Ceux qui travaillaient comme cela ont soit arrêté, soit investi dans un bâtiment pour loger les vaches toute l’année », poursuit-elle, sans attendre sa réponse.

Pas pour toutes les races, ni dans toutes les régions.

« (...) J’aimerais bien voir le taux de survie d’un troupeau Holstein à 1 000 m d’altitude dans le Cantal avec des pics à - 12°C, pas mal de vent, une bonne dose d’humidité… Des Salers ou Aubrac je dis pas, mais des Normandes ou Holsteins, je ne parie pas lourd », appuie Damien Morvan.

« J'avais des Normandes taries, elles restaient à l'extérieur l'hiver sans problème. L'important, c'est qu'elles aient le ventre plein », témoigne Claude Locard.

« Cela dépend des régions et des races ! », admet Jacqueline Braire, qui maintient toutefois : « À part les tréteaux à pattes qui donnent du lait au goût de flotte, les autres n'ont pas vraiment besoin d'être à l'abri ».

Pour laisser les vaches en pâtures, « il faut avoir assez de terrain (...) », pointe Patrice Diguet.

« Et mettez-les sur la paille ! »

« Arrêtez les caillebotis, mettez les vaches sur de la paille ! », exhorte pour sa part Béné Costes.

« Des logettes sans paille », Laurent Porcheron trouve « ça dégueulasse ». « Un bon matelas de paille, y a rien de mieux », insiste-t-il.

« Pour avoir goutté aux deux, logettes paillées et logettes matelas, je peux dire que les vaches se couchent bien mieux sur des matelas, raconte Laurent Auclair. Plus de problème de cellules car pas de litière accumulée... pour ma part, je ne reviendrais pas aux logettes paillées... »

Stanislas Peccatte ne partage pas ce dernier avis, mais plutôt celui de @Laurent Porcheron et surtout de @Béné Costes : « Une stabulation paillée est plus confortable pour les vaches. » « En plus, t'as du fumier et moins de lisier, d'où moins de pollution diffuse de l'eau », ajoute-t-il, considérant que ces bâtiments « devraient bénéficier d'une prime à l'environnement ».

« Au prix où elle est actuellement ?! »

En parlant de pollution, « si tu achètes beaucoup de paille, tu en génères au niveau de la production comme du transport (...) », estime au contraire Cédric Dumaine

« On se fournit à côté de chez nous et on va chercher la paille en tracteur, il y en a très peu de livrée en camion », tempère Stanislas Peccatte.

« Et la plupart de la paille est produite sur l'exploitation », renchérit Rémi Blon.

« Pas chez moi en tout cas, réplique Cédric Dumaine. (...) Et en ce moment, la paille vaut minimum 100 euros la tonne arrivée dans la cour. À ce prix-là, tu réfléchis à deux fois, les logettes sont vite amorties... »

« Pourquoi pas du miscanthus ? »

Rémi Blon propose « une autre solution : le miscanthus, très économique et qui nécessite peu de surface ». Mais, pour l'instant, « on hésite, reconnaît-il. Il faudrait pouvoir discuter avec quelqu'un qui ait du recul là-dessus »

« C'est très cher à l'implantation », juge Cédric Dumaine. « L'essentiel, pondère-t-il. Que chacun y trouve son compte en main-d'œuvre et temps passé. »

Économique ou cher à l'implantation ?

« Oui, le miscanthus coûte cher à l'implantation », confirme Rémi Blon tout en faisant remarquer : « Mais ça dure 20 ans et il y a zéro engrais et zéro traitement, juste la récolte à payer alors le calcul est vite fait. Je crois que c'est 2 000 € de l'hectare. Sur 20 ans, ça ne fait pas grand-chose sachant qu'il faut même pas un hectare pour être autosuffisant. »

« Retour aux étables entravées ?? »

« (...) Aujourd'hui, comme tout est nuisance pour la société, et vu comme ça évolue, c'est vraiment mal parti pour construire des bâtiments d'élevage, déplore Didier Terraillon. Si c'est pour se prendre des procès pour nuisances sonores ou olfactives, pour travailler avec un revenu de misère sans vie de famille... Même pour les éleveurs qui font du plein air, les vaches polluent, dégagent trop de méthane, alors que les prairies sont de bons pièges à carbone... (...) Il va falloir sans doute revenir aux vieilles étables entravées qu'on curait avec la brouette et la fourche (...). »

S'embêter avec un bâtiment, pour finir devant la justice ?

« Rien ne vaut une vieille étable entravée amortie depuis 100 ans !, s'exclame Hilaire. Le seul investissement que j'envisage dans la prochaine décennie : un évacuateur à fumier. Ce type de bâtiment a bien des avantages : les bêtes se manipulent plus facilement, des compléments différents peuvent être distribués en fonction des animaux, la température reste acceptable en cas de canicule et en hiver, il fait bon. »

« Ou, à l'inverse, des hôtels 4 étoiles !! »

Antoine Legarsnormand rebondit sur les propos de @Didier Terraillon : « Bientôt les vaches seront logées dans des appartements, puisqu'elles vont devenir des animaux de compagnie ! (...) »

Anthony Texier ironise lui aussi : « Ou alors des hôtels 4 étoiles grâce à L214 !! »

Ou encore des appartements. Comme les vaches seront bientôt des animaux de compagnie.

Pascal Commenchal sur le même ton : « (...)  Qu'on les installe à l'Elysée !! »

« Au rythme où vont les choses, reprend Kévin Morin, il n'y aura très vite plus besoin de bâtiment vu qu’il n'y aura plus d’élevage... »

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