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Paroles de lecteursAbattre les bovins à la ferme, est-ce « responsable » ?

Plusieurs projets d'abattoirs mobiles se mettent en place en France. Le premier et le plus connu : celui d'<strong>Émilie Jeannin</strong> en Côte-d'Or, à l'origine de la démarche "<strong>Le Bœuf éthique</strong>". (©Le Bœuf éthique // Création Terre-net Média)
Plusieurs projets d'abattoirs mobiles se mettent en place en France. Le premier et le plus connu : celui d'Émilie Jeannin en Côte-d'Or, à l'origine de la démarche "Le Bœuf éthique". (©Le Bœuf éthique // Création Terre-net Média)

Si certains lecteurs de Web-agri estiment que l'abattage à la ferme « limite le stress des animaux », d'autres pensent qu'il ne s'agit que d'un « marché de niche » pour « bobos pouvant payer la viande plus cher » et préfèreraient « le maintien des abattoirs de proximité ». En trois ans, leur intérêt pour cette pratique semble s'être émoussé, si l'on compare avec le premier Paroles de lecteurs sur le sujet, paru en novembre 2018.

« Un abattoir mobile, c’est pas vraiment écologique », estime Dorian Monnom.

« Et pourquoi ? », s'étonne Aurélie Malmon, pensant sans doute au transport des animaux par camions vers les abattoirs.

« Conserver les abattoirs de proximité »

Vincent Beaulaton « ne voit pas l'intérêt de cette usine à gaz ». « Il aurait surtout fallu conserver un maillage d'abattoirs de proximité, plutôt que de les fermer un à un et de donner le monopole à un seul opérateur », fait-il remarquer.

Réautoriser une pratique interdite ?

Roger Lévêque n'est pas non plus convaincu : « Réautoriser l'abattage à la ferme qui avait été interdit ? Supprimer les abattoirs laborieusement mis en place ? » Même s'il est d'accord avec @Vincent Beaulaton, « leur monopole est discutable ».

« Quelle rentabilité ? », s'interroge Bernard Niel.

« Limiter le stress »

Les abattoirs mobiles permettent « d'éviter de transporter les bêtes dans des camions inconnus », ce qui génère du « stress » s'ajoutant à celui qu'elles ressentent « dans les abattoirs », juge Cyprien Petit.

« Donc les marchés à bestiaux sont sources de stress aussi », selon Nicolas Mauguit.

« Comme les concours pour les vaches pas habituées (...) », enchaîne Cyprien Petit.

Une arnaque à bobo...

« En quoi abattre les bovins à la ferme serait plus responsable que dans un abattoir ? C'est une arnaque à bobos », considère Gil Chavallier. (...) La loi impose un séjour en bouverie à l'abattoir et, là bizarrement, rien n'est exigé. Il y a deux poids deux mesures. (...) »

« Où la viande est-elle découpée et maturée ? »

Rara Mulfe se pose des questions : « La bouverie, c'est pour les visites vétos, non ? Y a-t-il quelqu'un dans le camion habilité à les faire ? (...) »

Gil Chavallier répond : « (...) Pas de véto, il me semble, dans les abattoirs mobiles, ça coûterait bien trop cher. Pour le reste, il est du même avis de @Rara Mulfle.

Autre interrogation d'Aurélie Malmon : « Où se fait la maturation de la viande ? Dans le camion ? »

Joséphine Mt explique : « La viande est découpée et maturée ailleurs »

« Un marché de niche ? »

« (...) Pourquoi faire croire au grand public que c'est possible dans toutes les fermes ?, objecte Gil Chavallier arguant que « cette viande idéologique avec surcoût est un marché de niche ». « Tant mieux pour ceux qui en profiteront », ajoute-t-il. « (...) Perso, je limite le stress de mes animaux pour gagner quelques kilos de carcasse, et pas besoin que les camions viennent tuer chez moi, il y a 100 fois plus simple ! »

Cesser de faire croire que c'est possible dans toutes les fermes.

Céline Cuiller ne partage pas  cette opinion : « (...) Depuis des années, des gens œuvrent pour que l'abattage des animaux se fassent dans de meilleures conditions. Parce que, certes ils partent pour se faire tuer, mais si on peut limiter leur stress et souffrances... Il y aura toujours des gens prêts à acheter cette viande plus cher en sachant que l'animal a été respecté jusqu'au bout. Pas besoin d'être un bobo riche pour consommer de manière juste. Certaines personnes gagnent le Smic et mangent bien bio et local. (...) »

Au vu des commentaires, Ahmed Kaddour se demande : « Qui est gagnant dans cette opération ? »

« Les vaches quand même ! », conclut Rara Mulfe.

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