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Paroles de lecteursHerbagère/maïs : revenu, environnement... que d'écarts entre ces 2 conduites !

 « Donnons de l'herbe à nos vaches, ce ne sera que meilleur pour la planète et le porte-monnaie ! », estime Carbon. (©Terre-net Média et Pixabey // Création Terre-net Média)
« Donnons de l'herbe à nos vaches, ce ne sera que meilleur pour la planète et le porte-monnaie ! », estime Carbon. (©Terre-net Média et Pixabey // Création Terre-net Média)

Certains lecteurs de Web-agri se fixent comme ligne de conduite de limiter au maximum les investissements et les achats d'intrants, en valorisant au maximum l'herbe des prairies, à travers des démarches bas carbone, ce qui améliore selon eux leurs résultats économiques et leur revenu. D'autres sont plus réticents à changer de voie tant que cela n'améliore pas le prix du lait.

 

Eppu qui trouve « qu'exprimer les émissions de gaz à effet de serre des élevages en fonction de la rémunération est original (...) », Moty explique : « Oui, mais c'est intéressant car ce sont deux paramètres essentiels pour l'avenir des productions animales. Mais effectivement, il serait judicieux d'ajouter la comparaison de revenu aux 1 000 l de lait mais j'ai peur que ce soit trop "choquant", car à mon avis, ça peut s'approcher du rapport x 3. »

Carbon n'est pas d'accord : « Pour ce qui est du carbone, il faudrait déjà arrêter de calculer au litre de lait produit. Si l'on parle de réchauffement climatique, il faut poser les bon critères. La planète se fout du litre de lait que l'on produit, par contre elle a un nombre limité d'hectares. Il est donc plus pertinent de regarder le CO2 à l'hectare qu'au litre de lait produit. Et pour la rémunération, perso, ce qui m'importe c'est le revenu tout court, pas le litrage ! Arrêtons donc de tout ramener au litre de lait et donnons de l'herbe à nos vaches, ce ne sera que meilleur pour la planète et le porte-monnaie ! »

La planète se fout du litrage de lait, pas du nombre d'hectares !

« Un écart de 100 000 €/UTH »

Lau rejoint Moty : « Les chiffres ne mentent pas, les systèmes d'élevage productivistes sont à la pointe de la technique mais à la traîne en termes de revenus, surtout lorsque le prix du lait est faible !! Difficile après de parler du revenu des producteurs de lait en général. Entre le plus bas du Rica et le meilleur ADbio, il doit y avoir près de 100 000 €/UTH... Alors on pourra discuter carbone quand on aura tous compris que produire, en achetant trop d'intrants et en réalisant des investissements très lourds, n'est ni durable ni souhaitable !!! »

Acheter trop d'intrants, comme investir lourdement, n'est pas durable !

bzhgrassland témoigne : « (...) Avec un élevage laitier dans un système très herbager, le diagnostic Cap'2ER sur ma ferme sort moins de 0,4 kg d'équivalent CO2 par kg de lait produit. Soit 40-50 % de la moyenne des exploitations françaises. Grâce à la hausse des surfaces en herbe et la baisse des cultures annuelles, couplées assez souvent à une diminution du litrage, le stockage du carbone a un effet important sur les résultats carbone au litre de lait. »

Autre témoignage de Patrice brachet : « Nous sommes sur un système côtier avec quelques endroits bien arrosés. Donc l'étude est difficilement transposable à la France entière. Par contre, pour le carbone, là je ne suis pas trop d'accord car un éleveur intensif qui possède des kilomètres de haie et de bocages, et qui pratique les TCS ou encore mieux le semis direct sur sol couvert, n'a pas à rougir. En effet, pour 0,1 % de matière organique gagnée, vous stockez 7 t de carbone en plus (sources : ingénieurs agro référents chambres d'agriculture). Et je vais enfoncer le clou en disant qu'avec un peu de maïs et beaucoup d'herbe, on obtient de bons résultats. Tout est une histoire de volonté car, dans ce modèle, il y a davantage de travail. »

« Pâtureur ou éleveur intensif : qui vit mieux ? »

Fabien53 n'est pas de cet avis : « Les chiffres sont issus de tous les Civam de l'ouest du pays, donc de celui des Pays de la Loire dont je fais partie. Je suis au sud Mayenne, par conséquent le climat est plutôt sec. Je suis en système herbager et depuis que j'achète moins, les résultats économiques sont en constante amélioration. Les modèles intensifs, comme ceux que cite @Patrice, utilisent encore beaucoup d'intrants, ce qui dégrade les performances. »

Les apparences sont souvent trompeuses...

Patrice brachet lui répond : « @Fabien, je me suis peut-être mal exprimé mais je te promets que dans mon département, quelques intensifs vivent mieux que les pâtureurs du nord de cette zone. De toute façon, c'est facile à voir, ce sont les seuls qui achètent et qui investissent car l'intensification va avec l'agrandissement, d'où des aides Pac supplémentaires. En revanche, je peux t'affirmer qu'au niveau intrants, le dosage se fait à la pince à sucre. Ensuite, tu ajoutes du photovoltaïque en propriété et le bilan carbone est excellent. (...) »

Guigui22 intervient : « Après, ce ne sont pas ceux qui investissent le plus qui gagnent le mieux leur vie ! Pas plus que ceux qui s'agrandissent !! Les apparences sont souvent trompeuses... »

«  Meilleure valorisation du lait bas carbone ? »

titian revient sur les avantages potentiels du lait bas carbone, avec la question qui fâche : « Désolé d'être désagréable, mais avez-vous aujourd'hui une meilleure valorisation que le cours mondial ? » « Vous avez sûrement vite trouvé la réponse : du vent cette démarche ! Alors inutile de devancer les possibles mesures... »

bzhgrassland réplique : « @titian, le seul intérêt que je vois au lait bas carbone, c'est en termes de communication lorsqu'on pratique la vente directe et pour combattre les arguments vegan sur les pollutions liées à l'élevage laitier. Pour son utilisation en circuit long, je partage ton analyse, du vent ! »

titian poursuit sur son idée : « En vente directe, le plus important pour le consommateur : le goût du produit, la tronche du paysan, etc. La réalité : ce sont plutôt les subventions aux outils de transformation qui sont conditionnés aux cahiers des charges et certifications AB ou HVE... »

Patrice brachet renchérit : « La communication !? Tout le monde s'en fout !! Je m'explique : il y a un an et demi, un petit industriel connu nationalement faisait une grande messe devant un parterre de médias pour annoncer qu'il ne voulait plus que du lait HVE3. ! Tout l'auditoire bavait ! Fier de notre éligibilité HVE3, je le contacte et lui propose mon lait. Surprise : il me demande un temps de réflexion. Quelques semaines passent, toujours pas de nouvelles. Et quand je le rappelle, sa réponse : finalement, on va partir sur du lait non ogm et pâturage. Donc les pièges à c..., tant qu'ils ne seront pas rémunérateurs, mieux vaut laisser couler même quand on est prêt ! (...) »

Les pièges à c... tant qu'ils ne seront pas rémunérateurs...

« Comment s'approcher de ces systèmes ? »

Cyrille Létard en conclut : « On peut discuter de tout ce qu'on veut, carbone au litre de lait, pas au litre de lait, etc. y a pas photo, c'est 10 000 € d'écart de RC/UTH, une empreinte environnementale faible, moins de lait, moins de capitaux mais plus de revenu et une transmission plus facile !! L'essentiel étant de se poser la question : "Comment s'approcher de ces systèmes ?" Sachant que le principe de base est de ne pas labourer les surfaces accessibles aux vaches laitières, pour commencer à gagner de l'argent. »

Moins de lait et de capitaux, mais plus de revenu et une transmission plus facile !

« Très bon article, ajoute Ludo, qui me rappelle mes cours de bac et de BTS. On discute de résultat, de carbone, de pollution. Il y a 17 ans, on n'en parlait pas ou très peu. » Il nuance toutefois : « On évoque rarement les conditions de travail des éleveurs. Quant aux consommateurs, auxquels pensez-vous ici, aux 80 % qui n'en ont rien à faire d'où viennent leurs aliments du moment qu'ils sont bio et surtout pas chers. Et quand aborde-t-on des industriels ou coopératives qui décident des zones de production laitière, de viande ou de céréales, et imposent des volumes de production minimum pour pouvoir être collecté. On montre toujours la partie émergée de l'iceberg. Et si on parlait de celle, immergée, des marchés agricoles ?? Et des raisons qui font que les agriculteurs produisent toujours plus ? »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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