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Paroles lecteursDu jeune bovin dans les cantines scolaires, une fausse bonne idée ?

Alors que le ministre de l'agriculture Julien Denormandie veut « faire manger du jeune bovin aux enfants dans nos cantines », les lecteurs de Web-agri préféreraient qu'il mette en place de « vraies mesures » pour sortir la filière de la très grave crise qu'elle traverse. Sinon « le bateau de la production de viande, qui prend l'eau rapidement », pourrait bien couler tout aussi vite !

 

Clement trouve que la proposition de Julien Denormandie de « Faire manger du jeune bovin aux enfants dans nos cantines » est « une bonne idée ». « Le plus gros frein » selon lui : « l’administration française dans tout son art avec les immenses difficultés techniques qu'elle crée pour répondre à un appel d’offre public ». « Aucun éleveur n’est capable d’y répondre seul », conclut-il.

Cyrille Létard interpelle le ministre de l'agriculture : « Vous faites quoi de la viande de vache consommée dans les cantines ? » Puis il demande à la rédaction de Web-agri : « Pouvez-vous trouver le résultat du bilan matière de la viande bovine en France ? Combien de tonnes équivalent carcasse on produit et combien on consomme ? Peut-on se passer d'exportation ? Que se passerait-il si on engraisse tous nos mâles en jeunes bovins ? »

Que se passerait-il si on engraisse tous nos mâles en jeunes bovins ?

 « Plus d'éleveur bovin naisseur dans 10 ans ! »

Georges témoigne  : « (...) J'arrive à la fin de ma carrière. J'ai 500 places de jeunes bovins et mon fils reprend l'exploitation. Toute ma vie, j'ai investi dans l'outil de travail pour finir avec d'énormes problèmes de santé tout en étant taxé sur les plus-values. Je me pose la question : dois-je insister pour que mon fils continue l'engraissement ? Quel malheur de dire ça !! Mais on revient au temps de l'esclavage... »

Momo pense avoir la solution : « (...) Pour régler le soucis vite fait sans que ça coûte un centime, y a qu'à diviser le nombre de droits à prime des vaches allaitantes par deux et multiplier le montant de la dite prime par 2. Ça fera, au final, moins de broutards donc de jeunes bovins. Le prix et la demande vont se rétablir et avec moins d'animaux, les paysans auront moins de frais. Et en plus, il paraît que diminuer le nombre de bovins est bon pour la planète. » S'adressant à Julien Denormandie, il poursuit : « Essayez de prendre de vraies décisions ! Au moins, vous serez le ministre qui sort des vraies mesures !! Il faut vous bouger sinon dans moins de deux ans, nous sommes tous morts, nous les éleveurs allaitants... »

Bougez-vous Julien Denormandie ! Prenez de vraies décisions, autres que du jeune bovin dans les cantines !!

Pierdesmaizieres34@gmail.com confirme : « On nous laisse crever avec des prix toujours plus bas alors que tout le reste augmente ! Dans 10 ans, il n'y aura plus beaucoup d'éleveurs bovins naisseurs, voilà la réalité !! »

« Moi, j'arrête dans deux mois... »

Alain14 s'étonne d'ailleurs du revenu moyen d'un éleveur bovin en 2020, annoncé par le sénateur LR de la Haute-Saône Olivier Rietman : 650 €/mois. « J'aimerais bien les avoir, insiste-t-il. Je fais de la Blonde d'Aquitaine et je voudrais installer mon fils. Mais ma banque ne veut pas. Pourtant, elle me pousse à investir pour produire ! J'comprends pas ?! »

Installer mon fils ? Même les jeunes ne sont pas sûrs de rester dans ce système !

Fabien est résigné : « Mes réserves sont encore à moitié pleine. Environ 30 ha de maïs qu'il me reste ! Je finis mes taurillons, encore 2 mois pour la dernière bande de 30, et le restant du silo partira chez un voisin qui a une unité de méthanisation ! Et au printemps, je sème de l'orge sur les parcelles initialement prévues en maïs, environ 50 ha, et mes bâtiments me serviront à stocker la paille. En ce moment, elle vaut 100 €/t départ ferme alors quel dommage d'avoir encore des animaux qui me bouffe du fric... »

Franck est du même avis : « Je suis en contrat et à chaque JB qui sort, il me manque 150 €. Donc inutile de remplir la stabulation !! A-t-on une autre solution ? »

Jeuneagri se « reconnaît malheureusement dans l'ensemble des commentaires » des lecteurs. Jeune naisseur/engraisseur bovin, il n'est pourtant « pas sûr de rester dans ce système ». « Le bateau "vache allaitantes" prend l'eau rapidement... », déplore-t-il.

« Moins de bovins, bon pour la planète ? »...

PàgraT rappelle : « Pour info, les élevages allaitants se situent principalement dans les zones peu propices aux cultures en raisons des contraintes de terrain et de climat. Et si toutefois on y cultive autre chose que de l'herbe, c'est en rotation avec les prairies. Si cette production disparaît, ce sont de grandes surfaces de friche sujettes aux incendies qui apparaîtront rapidement... »

Maec propose : « Ne faudrait-il pas tout simplement des aides au maintien des prairies. Cela permettrait de produire de la viande de qualité et non du jeune bovin traversant la France pour être exporté vers l'Italie avec un impact environnemental important ! » Il y voit un autre avantage : « Les services rendus par les prairies à ce même environnement  !! »

labour douar, à la retraite, a été « producteur de lait pendant 29 ans et de viande bovine les cinq dernières années ». « Quand je vois que la situation se dégrade encore, je ne peux qu'être attristé pour les collègues », déclare-t-il. Il rejoint les précédentes réactions : « Il est fallacieux de laisser dire que l'élevage bovin à base de prairies est l'une des causes du dérèglement climatique. Malheureusement, il faut prendre en compte la situation économique de l'élevage bovin viande et je ne vois pas trop d'issues, vu que les cours auront du mal à grimper pour couvrir les frais de production. (...) »

... Plutôt le contraire !

Une aide au maintien des prairies et à la production de bœufs !

Jeuneagri lance : « En suivant votre logique, nous arrêterons de produire et serons dépendants des pays voisins, tout simplement ! »

« Effectivement, les années à venir vont être compliquées pour les broutards !, renchérit CR 12. D'une part, faut pas oublier la concurrence européenne (Pologne, Espagne ) qui n'existait pas il y a encore quelques années en arrière, sur le marché italien notamment. D'autre part, la très forte pression des ONG pour interdire le transport d'animaux vivant hors Europe pourrait exclure des pays comme l'Algérie. De là à "faire manger du jeune bovin" aux Français, ils ne sont pas trop amateurs de ce type de viande, dont l'image est plutôt intensive. L'autre risque est de détourner le jeune consommateur de la viande car le jeune bovin est assimilé au jeune veau. (...) Il me semble plus judicieux de développer la production de bœufs, via des primes entre autres, plus en adéquation avec les attentes environnementales et de consommation. (...) »

En plus de la quarantaine de commentaires sur Web-agri, le sujet a suscité plus de 50 réactions sur Facebook, dont :

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(©Page Facebook de Web-agri)
 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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