La date de la convocation n'a pas encore été fixée par le tribunal mais selon Me Renaud Portejoie l'audience aura lieu « probablement en avril ou mai » 2026. Deux commissaires aux comptes du groupe Lactalis et de sa holding BSA, dont Emmanuel Besnier est président du directoire, sont cités à comparaître à ses côtés en tant que « complices » du délit de présentation ou publication de comptes infidèles.
Cette procédure pénale de citation directe est à l'initiative des plaignants eux-mêmes, des salariés et ex-salariés du géant laitier regroupés au sein de l'association Justice pour nos primes. Elle ne signifie pas que la justice considère a priori les faits dénoncés comme litigieux.
Sollicité par l'AFP, Lactalis a souligné n'avoir « pas connaissance d'une quelconque citation directe » à son encontre. « L'entreprise demeure sereine quant aux initiatives infondées menées par l'association Justice pour nos primes », assure-t-elle, ajoutant « qu'une plainte pénale a d'ailleurs été déposée par le groupe à ce sujet ».
« Plusieurs centaines de millions d'euros » de primes non versées
L'association a de son côté déjà déposé plainte en novembre dernier auprès du Parquet national financier (PNF) pour dénoncer une fraude fiscale dont ils disent être victimes de la part de Lactalis. Les plaignants estiment que leur employeur, qui a réglé 475 millions d'euros en 2024 à l'administration fiscale pour « clore un différend » sur un montage financier, a minoré son bénéfice pendant plusieurs années et ainsi amputé les primes de participation versées à ses collaborateurs.
Ces primes de participation sont calculées sur la base des bénéfices réalisés chaque année par l'entreprise. En parallèle de la plainte au PNF à Paris, l'association a décidé d'engager à Laval, siège de Lactalis, cette procédure « hors norme en France » de citation directe d'un patron par ses salariés « pour que ça bouge », dit l'avocat.
Il demandera lors de l'audience devant le tribunal correctionnel de Laval, « au-delà de la condamnation pénale, à ce que Emmanuel Besnier soit condamné à régulariser les primes de participation » dans les comptes de ses sociétés. Chacun des 14 000 à 16 000 salariés de droit français de Lactalis est potentiellement concerné, selon Me Portejoie, qui estime à « plusieurs centaines de millions d'euros » le montant total de primes non versées.
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