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Témoignage d’éleveurs jersiaisDans le Maine-et-Loire, comme ailleurs, la Jersiaise gagne de nouveaux adeptes

Originaire de l’île anglo-normande de Jersey, la race jersiaise compte plus de 8 millions de tête, ce qui en fait la deuxième race laitière au monde. Pierre-Yves Gaborit et Pierre-Yves Léger, tous deux éleveurs de Jersiaises dans la Maine-et-Loire, nous dévoilent ici les nombreux atouts de cette petite vache à la fois attachante et durable.

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Installé avec son père en 2009, Pierre-Yves Gaborit élève plus d’une centaine de vaches jersiaises en agriculture biologique à Maulévrier dans le Maine-et-Loire (49). Pierre-Yves Léger a découvert cette petite vache aux yeux cerclés de noir chez les Gaborit et s’est lui aussi installé en bio avec 80 jersiaises à Vezin dans le Maine-et-Loire. Ce département concentre près d’un tiers des 4.075 femelles contrôlées dans l’Hexagone en 2012. Un chiffre qui a triplé depuis quinze ans et qui ne cesse de croître avec + 12 % de nouvelles vaches l’an dernier.

Avec un temps de mastication plus élevé (65 min/kg de MS ingéré, contre 45 min pour la Holstein) compensé par un temps de passage des aliments dans le système digestif plus court, la Jersiaise est sans conteste la race laitière la plus efficace dans la conversion des aliments grossiers en matière utile (+ 6 % par rapport à la Holstein*).

TB : 55,5 ; TP : 38,3 

Avec une lactation (moyenne national CL 2012) autour de 5.222 kg en 325 jours (6.155 kg production moyenne en lait corrigé adulte) à 55,5 de TB et 38,3 de TP, soit 490 kg de matière utile,  le lait de Jersiaises est mieux rémunéré que le "lait standard" (+ 100 €/1.000 litres en 2010 selon Jersiaise France). Son rendement fromager s'avère également exceptionnel, de l’ordre de + 25 % pour un fromage à pâte dur par rapport à du lait standard. C'est pourquoi les éleveurs en système herbe avec transformation du lait apprécient cette race. Autre particularité de cette fromagère, la variante génétique "BB"  à 86 % de la caséine  kappa, protéine qui permet au lait de cailler.

Longévité

Avec ses 430 kg toute mouillée et ses 128 cm au sacrum, la Jersiaise vêle sans problème à 24 mois. Preuve de sa longévité, dans les troupeaux français, plus d’un tiers des vaches sont en 4ème lactation ou plus. Cette longévité résulte de l'excellente fertilité de la race jersiaise (71 % de réussite en IA1 sur génisses à 15 mois), de ses faibles taux cellulaires, de son incomparable facilité de vêlage et des qualités remarquables de sa mamelle et de ses membres. De plus, avec son tempérament très doux et son caractère attachant, il devient d’autant plus difficile de s’en séparer.

Empreinte carbone réduite

Qui dit meilleure efficacité alimentaire et besoins d’entretien réduit (- 45 %) du fait de sa petite taille, dit aussi impact environnemental moindre. Une étude américaine a démontré que la Jersiaise permettrait de diminuer l’empreinte carbone de 20 % par kilo de fromage. Pourtant, il faut compter un peu plus de vaches jersiaises dans le troupeau (+ 12 % par rapport à des Holsteins) pour produire la même quantité de fromage.

La France ne dispose pas encore de son propre schéma de sélection pour la race jersiaise. Chaque année, environ 11.000 doses de taureaux danois (taux laitiers très élevés), néo-zélandais et nord-américains (fort potentiel  laitier) sont importées.

Jersiaise Danaé
La jersiaise Danaé, à l’Earl Hyson-Voillot (28), grande championne au Space 2013 et à Swiss Expo 2012 (©Terre-net Média)

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