La famille Richaud a quitté sa ferme en bio de la Drôme pour s’installer avec ses jersiaises sur l’île d’Ouessant, dans le Finistère. Une nouvelle vie, insulaire.
Les Ouessantins n’avaient pas vu de vaches laitières sur leur île depuis des lustres. Ils ont accueilli Thomas et Marie Richaud et leurs trois enfants d’un bon œil, un œil gourmand, devrait-on dire. La vente directe de yaourts, beurre, crème et tommes tous les soirs au moment de la traite et au marché du samedi matin fait un tabac. « Même si certains clients ne trouvent pas notre beurre assez salé, notre stock disparaît en vingt minutes », raconte Marie. Qu’est-ce qui a donc bien pu amener ce couple à la tête, avec un autre associé, d’un troupeau de 180 jersiaises dans la Drôme, à changer aussi radicalement de cap ? C’est tout simplement à la suite d’un reportage sur Ouessant dans l’émission Thalassa que l’idée a germé. Un drôle de hasard fait que Thomas Richaud est tombé quelques jours plus tard sur un appel d’offres émanant de la mairie d’Ouessant. Cette commune du bout du monde veut attirer des agriculteurs pour lutter contre les friches et produire des aliments locaux. Thomas et Marie décident donc de tenter leur chance. Ils connaissaient un peu la Bretagne. « Nous avons monté notre dossier sans avoir vu l’île », raconte l’éleveur. Leur projet est retenu. Thibaut Thierry, directeur du développement au parc naturel régional d’Armorique justifie ce choix : « Ils avaient une bonne expérience de la transformation, une motivation forte et une compréhension des enjeux du contexte insulaire. »
Un caillou que de nom
La famille Richaud a débarqué à Ouessant le 28 décembre 2020. Leurs douze vaches les avaient précédés mi-novembre. Tout ce monde s’est bien acclimaté à la vie sur l’île et aux embruns. « Ouessant a l’image d’un caillou battu par les vents mais dessous, il y a de la bonne terre », remarque Thomas. La commune a mis 35 ha à leur disposition mais les vaches broutent sur d’autres parcelles en vertu d’un accord tacite avec les propriétaires. « On a un système extensif avec de l’herbe toute l’année. » Thomas a commencé à installer des abris dans les pâtures. Ici, rien à voir avec les conditions de la Drôme où l’élevage laitier se fait de plus en plus rare. « Après juin, là-bas, tout est grillé. Et à 40 degrés, c’est comme si les bêtes avaient un radiateur sur le dos. » La commune s’est engagée à accompagner les nouveaux venus dans leur installation. Mais les travaux de construction du bâtiment qui sera mis à leur disposition ont pris du retard. Cela n’empêche pas les Richaud de viser une vingtaine de vaches d’ici deux ou trois ans avec traite dix mois de l’année. « Nous profiterons de la saison touristique mais notre but est d’approvisionner toute l’année les Ouessantins. »
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