La coopérative bas-normande Isigny Sainte-Mère (Calvados et Manche) a de quoi faire rougir d’embarras les grands groupes laitiers. Jugez plutôt : avec 310 Ml transformés (270 Ml collectés, dont 9,3 Ml en bio et 40 Ml achetés), elle affiche un résultat net de 27,5 M€ en 2020 (+ 7,2 M€ et + 35 %). Le groupe Savencia dégage trois fois plus mais avec 4,5 milliards de litres, et la branche lait de la coopérative voisine, Agrial, 19 M€ avec 2,4 milliards de litres. Son prix du lait 2020 de 408,24 €/1000 l hisse la PME en tête des prix du lait français. Il intègre les primes des AOP beurre et crème d’Isigny, qui constituent 73 % de sa collecte, et sa démarche sans OGM (399 €/1000 l dans notre observatoire en lait conventionnel et qualité super A). Il y a fort à parier que la coopérative montera encore sur la première marche du podium en 2021 grâce aux 18 €/1000 l de ristournes qui vont être prochainement versées aux 425 adhérents. « Nous pourrions verser 23 ou 24 € de ristournes, mais nous faisons le choix de redistribuer notre résultat également sur des critères de qualité », explique Arnaud Fossey, le président. La prime annuelle super qualité bactériologique passe de 10 € à 14 €/1000 l (10,38 € en moyenne qui vont être perçus). De même, un bonus de 5 € sera versé aux adhérents ayant au moins 10 % de vaches normandes dans leur troupeau (2,53 € en moyenne perçus). « Ce sont au total 9 M€ de ristournes qui sont versés aux coopérateurs en 2021 », ajoute-t-il.
Les deux marchés phares : GMS et poudres infantiles
Le chiffre d’affaires d’Isigny, de 507 M€, a progressé de 12 % par rapport à 2019. La crise sanitaire et l’explosion du marché des GMS sont passées par là. Les ventes de beurre, crème et fromages ont fait un bond de 16 %. Celles de poudres infantiles suivent le même chemin : + 17 %, pour 65 % du CA total, dont 48 % à l’export. La coopérative a investi 165 M€ depuis 2014 dans des tours de séchage. La dernière en date (85 M€) va être mise en route en août prochain et portera la capacité de fabrication à 70 000 tonnes (45 880 t fabriquées en 2020). La normande ne veut pas s’arrêter là : elle remplace en parallèle une autre tour, vieille de quarante ans. La nouvelle devrait réaliser ses premiers séchages à l’été 2022. « Elle traitera les excédents, mais sera capable de sécher des produits de très haut de gamme comme des produits de commodités avec un niveau d’hygiène type infantile », précise Arnaud Fossey. Avec 50 M€ d’investissements, on le croit.
Claire Hue
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