Quel est le bon prix mensuel pour financer une vache sur trois ans ? 50 €, 35 €, 25 € ? Telle était la question posée en ouverture d'une conférence sur le financement de cheptel au Sommet de l'élevage. À ces trois sommes, correspondent trois solutions possibles. Au premier tarif annoncé, la plus ancienne et connue, le prêt bancaire.
Au deuxième, le bail à cheptel : une alternative qui, depuis une cinquantaine d'années, permet aux éleveurs de louer des vaches. Et au troisième, le crédit-bail, autre forme de location de bien mais avec option d'achat à la fin. Utilisé pour le matériel agricole, il pourrait l'être aussi bientôt pour le vivant en permettant de financer des animaux.
Le crédit-bail : souple et économique
Un outil très souple et économique, estime la société Gestel, qui annonce le lancement d'une offre dédiée fin 2023 ou début 2024. Selon elle, il apparaît plus avantageux que les deux autres dispositifs sur de nombreux points : durée, montant des mensualités, rapidité de l'accord (quelques jours généralement), déduction au niveau de la MSA et de l'impôt sur les sociétés, apport de trésorerie immédiat.
Le bail à cheptel semble un peu moins performant concernant la durée et le montant des mensualités. Le crédit bancaire, lui, s'avère bien moins intéressant sur tous ces aspects : les durées sont longues, il y a des amortissements, les taux sont sur une tendance plutôt haussière et seuls les intérêts sont déductibles ; mais, à échéance, l'emprunteur devient propriétaire.
| Durée | Montant mensualité | Déduction impôt société | Déduction MSA | Rapidité accord | Trésorerie immédiate |
Crédit bancaire | + | + | + | + | + | / |
Bail à cheptel | ++ | ++ | +++ | +++ | +++ | +++ |
Crédit bail | +++ | +++ | +++ | +++ | +++ | +++ |
Source : Gestel et Élevage et Patrimoine, conférence au Sommet de l'élevage.
Soulager la trésorerie, pouvoir investir
Autres intérêts du crédit-bail : il fait appel à des investisseurs institutionnels, ce sont eux qui endossent les risques, pas les éleveurs (la gestion de la transaction entre les deux parties est du ressort de Gestel) ; de plus, il libère de la capacité d'endettement pour d'autres investissements. Et nul besoin de garanties réelles ni personnelles complémentaires. Pas de flux ni papiers bancaires non plus, de compte à ouvrir, donc aucune charge à ce niveau. À noter : en cas de mortalité, l'assurance – un euro par mois et par animal – s'applique.
Par rapport au bail à cheptel, le producteur peut acheter les bêtes au terme du contrat, dont il peut également sortir à tout moment. Ce dernier est cessible, comme tout autre contrat, lors de la transmission de l'exploitation. Des engagements existent en contrepartie, comme pour le bail à cheptel : l'exploitant doit respecter certaines chartes (bien-être animal, RSE, qualité du lait), et réduire les émissions de GES de son élevage.
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