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Prix national de la dynamique agricoleCes éleveurs qui allient « performances techniques et dynamisme économique »

 (©Loire Story et Banque Populaire, images capturées sur Youtube)
(©Loire Story et Banque Populaire, images capturées sur Youtube)

Parmi les huit exploitations récompensées pour les 28e et 29e éditions du Prix national de la dynamique agricole (celle de 2020 ayant été reportée en 2021 en raison de la crise sanitaire), deux exploitations d'élevage : la ferme des Délices dans la Loire et la SAS de Keroudy dans le Finistère. Les éleveurs ne sont jamais à cours de projets pour développer de nouvelles activités. Il faut dire que ce concours, organisé par la Banque Populaire, a pour but de valoriser « la créativité, le savoir-faire, l'engagement et la capacité d'adaptation » des agriculteurs/agricultrices.

 

Rappelons que le Prix national de la dynamique agricole, concours proposé par la Banque Populaire aux agriculteurs/agricultrices, comporte quatre catégories : valorisation et innovation, initiative collective, performance technique et création d’entreprise. Les producteurs/productrices « récompensés sont à l’image de la nouvelle génération d’exploitant(e)s agricoles : à la pointe des innovations, alliant performances économiques et enjeux écologiques », soulignent les organisateurs.

Près de 250 dossiers ont été constitués dans les agences régionales et les lauréats par catégorie de chaque région ont concouru au niveau national. Huit gagnants (quatre pour la 29e édition et quatre pour la 28e, différée d'un an à cause de la Covid-19) ont été sélectionnés par un jury de 30 membres (organisations professionnelles agricoles, ministère de l’agriculture, presse professionnelle…).

> En tête pour la "valorisation et innovation" en 2021 : la ferme des Délices foréziens dans la Loire à Saint-Cyr-les-Vignes, dans les mains de la famille Giraud depuis 200 ans.

Aujourd'hui, c'est la 5e génération qui est aux manettes. Depuis plus de 30 ans, le Gaec transforme une partie de sa production laitière en crèmes glacées qu'il vend en direct. L'exploitation a été primée parce qu'elle « allie performances techniques, dynamisme et réussite économique dans la valorisation/diversification de ses produits (lait cru, crèmes, bières, lentilles, pommes de terre...) et la recherche de nouvelles activités (vente directe, agritourisme, transformation du colza en biocarburant...), respect du bien-être animal et de l'environnement (1 800 m2 de panneaux photovoltaïques et une unité de méthanisation de 200 kWh pour 930 000 kWh produits/an) ». En outre, elle a été « labellisée "productivité durable" aux Trophées de l'agriculture durable ».

La productivité durable.

L'atelier de transformation a été mis en place en 1990 par Guy et sa femme Geneviève, qui exploitaient alors 30 ha pour un quota de 97 000 l. Geneviève prend en charge la fabrication des glaces et Guy le démarchage et la commercialisation (restaurants, boulangeries, pâtisseries, foires). Par la suite, Geneviève s'installe en EARL avec son mari et en 1996, le couple aménage un point de vente dans une étable. C'est un succès et six ans plus tard, ils modernisent les installations de transformation et embauchent une employée pour fabriquer les glaces. Puis un commercial quelques heures par semaine et une secrétaire pour le démarchage et suivi des ventes, des activités chronophage.

Visitez la ferme des Délices foréziens en 1 min 30, grâce à une vidéo publiée sur Youtube :

Cliquer sur le curseur pour lancer la vidéo.

En 2009, le fils Charles remplace sa mère dans la société. Un an plus tard, la fille Julie devient la nouvelle secrétaire-comptable des glaces : le point de vente est réaménagé, la gamme de produits élargie et un travail autour de la communication commence. En 2012, la conjointe de Charles, Céline, rejoint l'aventure pour mettre en place des visites guidées et des animations. 11 000 visiteurs sont accueillis chaque année au sein de l'élevage, qui fait partie du réseau Bienvenue à la ferme depuis 2014. L'année suivante, un voisin, Lionel Vial, entre dans le Gaec, apportant 60 VL et des terres. Dernière étape en 2020 où Céline devient, elle aussi, associée.

L'objectif des producteurs : « Inscrire l'exploitation dans la durée ». C'est pourquoi, depuis plusieurs années, ils visent à :

  • augmenter l'autonomie alimentaire ;
  • conserver toute la valeur nutritionnelle du fourrage, en particulier du foin de luzerne (séchage en grange) ;
  • faciliter le travail des éleveurs ;
  • garantir le confort des animaux.

Inscrire l'exploitation dans la durée.

« Les bêtes peuvent sortir dehors du printemps à l'automne le jour comme la nuit et, quand elles veulent également, manger et boire, se faire traire sans attendre longtemps dans l'aire d'attente, ou encore masser leur dos avec des brosses, expliquent-ils sur leur site internet www.lafermedesdelices.com. La robotisation permet de gagner du temps pour mieux connaître le troupeau et faire davantage de prévention. » « C'est après de nombreuses visites dans des exploitations françaises et même étrangères que tous ces projets prennent vie », ajoutent-ils. Nous sommes toujours en quête d'innovations ! » Leur but maintenant : développer encore l'agritourisme.

Céline Giraud explique, dans une vidéo postée sur Youtube, ses missions au sein de la ferme des Délices foréziens, sa formation, ce qu'elle aime le plus dans son métier : « Durable, gourmande et conviviale » : voilà ses trois adjectifs pour qualifier l'exploitation.

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En haut du classement pour "l'initiative collective", en 2021 également : la SAS de Kéroudy dans le Finistère, à Milizac près de Brest.

Solenn et Damien Suc ont repris cet élevage familial et depuis 2005, ils transforment la production laitière en différents produits vendus le vendredi après-midi sur la ferme. En 2014, Enora Milin, la sœur de Solenn, d'abord salariée sur l'exploitation, s'installe avec eux. Ensemble, ils continuent à développer cette activité de diversification et se lancent dans la transformation de viande (découpe de leurs bêtes et de celles d'éleveurs des environs, fabrication de charcuterie). Pour augmenter la vente directe, ils créent un magasin de producteurs. Ils y commercialisent aussi les productions d'une cinquantaine d'agriculteurs bretons.

Les éleveurs présentent leur ferme pour le Prix national de la dynamique agricole, dans une vidéo sur Youtube :

Cliquer sur le curseur pour lancer la vidéo.

Ce qui me fait aller de l'avant, c'est le contact avec les consommateurs !

« Les clients nous demandais souvent : "vous n'avez pas des légumes, de viande ?". Ils devaient faire plusieurs fermes pour avoir leur panier plein, d’où l’idée de tout rassembler sous un même toit. D'autant que nous connaissions des maraîchers, des producteurs allaitants, etc. », raconte Damien. « Ce qui me fait aller de l'avant, c'est le contact avec les consommateurs et leurs retours sur nos produits, se réjouit Enora. C'est beaucoup de boulot, mais ça donne la pêche ! Au moins, on sait pourquoi on travaille. » « Ce sont les producteurs qui fixent les prix. Les clients savent qu'ici, ils sont toujours rémunérés pour leur travail », insiste Damien. « Nous, on ne négocie pas, on est là pour que chacun gagne sa vie, on ne veut pas retomber dans la spirale des circuits de commercialisation traditionnels », explique Solenn. En tout cas, « c'est super passionnant de toucher à plein de métiers comme ça ! »

Les clients savent qu'ici les producteurs sont toujours rémunérés pour leur travail.

Les objectifs des producteurs : l'autonomie alimentaire (95 % de l'alimentation des vaches est produite sur la ferme), le développement du pâturage, le respect de leurs animaux et de leur terre. 

 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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