« Nous ne voulions pas construire notre projet seuls ». Amis de longue date, Pierre-Yves, Marion et Benjamin se lancent dans l'agriculture en 2016. Pour s'installer, ils jettent leur dévolu sur un terrain à vendre qui appartenait aux grands-parents de Marion. « Le site nous a tout de suite plu, notamment pour sa beauté », se souvient Benjamin Henry.
Les trois associés ont dans l'idée d'élever des vaches laitières pie noir et des porcs blancs de l'ouest, deux races anciennes, en plein air et en bio, mais également de produire l'alimentation de leurs animaux sur les terres alentours. Pour être autonomes, ils veulent également construire un atelier de transformation de lait et un magasin de vente directe à la ferme.
« l'agriculture appartient à tout le monde »
« Notre banque avait accepté de nous prêter de quoi investir pour l'ensemble de notre projet, mais nous préférions garder le plus d'argent possible pour l'exploitation en tant que telle », indique Benjamin Henry. Pour acheter 10 ha de terre et le bâti, ils décident de créer une société et de lancer un appel à investissement.
« L'aspect local est très important pour nous, nous voulions impliquer un maximum de gens, car l'agriculture appartient à tout le monde », explique-t-il. Pour y parvenir, les agriculteurs font appel à leurs réseaux professionnels et familiaux. Ils organisent également plusieurs réunions publiques dans les villages environnants pour expliquer leur démarche.
Ils reçoivent également une aide précieuse de la part de l'association Terre de liens, qui leur permet d'avoir accès à un réseau et à des conseils juridiques. Plusieurs articles dans la presse accompagnent cet appel à l'épargne citoyenne.
150 000 euros récoltés
Très vite, c'est un succès : en 45 jours, 150 000 euros sont récoltés via 122 souscripteurs, soit une moyenne de 800 euros par personne. Les parts sociales atteignent au minimum 250 €. « Il s'agissait de gens séduit par notre projet, qui avaient envie d'utiliser leur épargne pour un projet citoyen », raconte le jeune homme.
Les investisseurs reçoivent chaque année le loyer de la terre. À 2,5 % d'intérêt environ, c'est « plus rémunérateur qu'un livret A ! », remarque Benjamin Henry. « Certains ne veulent même pas que nous leur donnions cette part, car ils ne sont vraiment pas dans une démarche de spéculation », ajoute-t-il.
Aujourd'hui, l'exploitation compte 25 vaches laitières et 75 porcs. Ce qui n'a pas été dépensé dans l'achat de la terre a permis aux trois associés d'investir, et d'être d'ores et déjà rentables. « Nous travaillons beaucoup, mais nous avons rempli nos objectifs. Surtout, nous avons de très bons retours sur la qualité de nos produits », se réjouit Benjamin.
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