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Paroles de lecteursS'installer en bovins viande : vos doutes et conseils

« Quand on voit le prix de certaines reprises d'élevages allaitants... », déplore Jeoffrey Wrobel. (©Terre-net Média)
« Quand on voit le prix de certaines reprises d'élevages allaitants... », déplore Jeoffrey Wrobel. (©Terre-net Média)

Suite à un article paru sur Web-agri, sur l'importance des capitaux à engager pour une installation en production bovine allaitante, un lecteur a fait part sur Facebook de ses difficultés à obtenir un financement. Si certains partagent leurs doutes sur l'avenir de la filière, en raison de la baisse du prix de la viande et du manque de rémunération des éleveurs, d'autres l'encouragent en lui donnant des conseils.

Benjamin Fossard témoigne sur Facebook : « J'essaie de m'installer en bovins viande, mais impossible d'obtenir un financement ! »

Impossible d'obtenir un financement !

 « Mêmes problèmes répertoriés chez nous », constate Charline Riendutout.

« Au prix de la viande... »

Herve Cuvillier n'est pas étonné : « C'est un peu normal : avec le prix de la viande bovine actuellement, la banque va rien gagner et vous encore moins que rien... (...) »

Estelle Martin est du même avis : « Au prix des broutards aujourd’hui, et vu le coût de l'alimentation animale, ça ne me surprend pas. Courage à vous @Benjamin Fossard ! »

Et vu le coût de l'alimentation animale et de certaines reprises d'élevages.

« Quand on voit le prix de certaines reprises d'élevages allaitants, difficile de démarrer sans papa maman derrière », juge Jeoffrey Wrobel.

« Pour quelle rémunération ? »

Devenir producteur de bovins viande, « pour quelle rémunération ???, interroge popeye76 dans les commentaires en bas de l'article. Posez-vous la question : pourquoi les jeunes ne veulent plus s'installer en élevage !! Trop de contraintes et 47 000 € d'EBE pour les annuités de reprise et la rémunération, pas le droit de tomber en rade de matériel ou de tomber malade... »

« On ne peut pas dégager de revenus en élevage allaitant et comme mentionné dans l'article, ça demande trop de capitaux ! », renchérit Frederic Lenormand. « Pour ceux qui veulent vraiment s'installer, la double activité peut être une bonne idée », suggère-t-il.

« Chaque cas est différent mais en règle générale, les systèmes bovins allaitants reposent entièrement sur la Pac », estime pour sa part Ludovic Duhain. Il rejoint les lecteurs précédents : « L'exploitation en elle-même ne génère aucun revenu, celui-ci peut même être déficitaire. Les années à venir ne seront pas bonnes alors il est normal que les banques n'investissent pas trop dans cette production qui arrive à bout de souffle. »

De lourds capitaux à rentabilité lente.

Pour Terminé, « cela ne date pas d'hier que l'agriculture nécessite de lourds capitaux à rentabilité lente. Le problème est politique : aucun soutien à l'agriculture ! Ni vis-à-vis de la non-rémunération des agriculteurs, ni concernant la transmission des exploitations. Un laisser-faire ayant pour conséquence la disparition pure de l'élevage français. Et tout le monde s'en fout tant que la bouffe vient de l'étranger... »

« Investir dans un outil de travail n'est jamais perdu »

Charolix considère, elle, au contraire que « l'agriculture est avant tout une question d'approche et de bon sens. Certes, elle nécessite des capitaux importants, mais investir dans un outil de travail n'est jamais perdu. Combien de métiers le permettent ? Nous travaillons sur place, déduisons énormément de charges de la vie courante (électricité, eau, téléphone, carburant...) de nos bénéfices agricoles. Nous payons rarement des impôts sur le revenus, ce qui nous donne droit au revenu d'activité. Nous ne pouvons pas passer éternellement notre temps à nous plaindre. Pour moi, l'agriculture et l'élevage ont de beaux jours devant eux. »

« Démarrer avec un cheptel en place ou avec des veaux »

À ceux qui rencontrent des difficultés pour s'installer en bovins viande, Constance Marchand conseille « de peut être changer de région » car « ici en Creuse, par exemple, de nombreuses fermes ne trouvent pas de repreneurs ». 

PàgraT recommande de son côté de « s'installer avec un cheptel en place, souvent sélectionné depuis de nombreuses années ». « Acheter des laitonnes est l’hypothèse la plus risquée, tant du point de vue sanitaire (mélange de plusieurs origines) que du point de vue facilité de vêlage », pense-t-il.

Et selon Stanislas Peccatte : « Faut démarrer avec des veaux : les apports financiers sont moins importants et au bout de deux ans, t' as déjà des génisses à inséminer. (...) »

Robin Vergonjeanne n'est pas d'accord : « J'aurais tendance à dire le contraire. Il faut investir au maximum sur ce qui rapporte le plus vite possible (les vaches) et au minimum dans ce qui ne rapporte pas rapidement (le matériel et le bâtiment). Et ne pas dépenser d'argent en achat de foncier qui plombe la rentabilité. »

Débat sur le foncier

Cedric Condy à Robin Vergonjeanne : « Tout dépend du prix du foncier à l'achat et en location, mais je préfère investir sur du foncier que du matériel. »

Robin Vergonjeanne à Cedric Condy : « Le temps de retour sur investissement du foncier est généralement supérieur à 30 ans (soit une carrière). Acheter du foncier à l'installation, c'est vraiment si on n'a pas le choix (...), mais pas pour produire et trouver une rentabilité rapide en début de carrière. »

Richard Renting, s'adressant à Robin Vergonjeanne : « Alors pour une carrière de 30 ans, faut pas s’installer avant 35 ans ! »

Robin Vergonjeanne répond à Richard Renting : « Et encore 30 ans c'est très faible. C'est en prenant un prix de 3 000 €/ha et un fermage de 100 €/an. Quand l'hectare est à 10 000€, il faut plus d'un siècle pour avoir un retour sur investissement... »

Et Richard Renting à Robin Vergonjeanne : « Tu oublies que quand tu achètes, au bout de ta carrière, t'as un truc à vendre. Quand tu loues tout, au bout du compte, t’as rien à vendre non plus... »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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