À l’occasion des journées 3R (rencontres recherches ruminants), Vincent Chatellier présentait la dynamique des échanges commerciaux de l’UE-27 en produits animaux. Ce qu’il faut retenir :
- l’UE est le premier exportateur mondial de produits animaux (surtout de produits laitiers qui contribuent fortement à la dynamique des échanges, suivis de la viande porcine), avec un solde commercial de 50 milliards d’euros en progrès depuis 10 ans ;
- mais l’UE n’est qu’en 5e position côté importations, et loin derrière la Chine qui se positionne sur la première marche du podium avec 4 fois plus d’importations en valeur.
« On n’a pas un rôle très directeur dans les importations mondiales, commente l’ingénieur de recherche en économie à l’Inrae. C’est la Chine qui joue un rôle croissant. »
Des accords de libre-échange intéressants
Vincent Chatellier cite alors quelques accords commerciaux qui ont profité à l’UE : celui avec le Japon où on envoie notamment des fromages et autres produits laitiers, ou encore celui fortement décrié du Ceta qui « n’a finalement pas déstabilisé l’élevage en Europe malgré ce qu’on en disait ».
À noter aussi, le Brexit qui a profité à l’UE : « Notre balance commerciale a augmenté car le Royaume-Uni achète énormément chez nous, c’est même notre premier client devant la Chine et les États-Unis. »
Le Mercosur ne signe pas la mort de l’élevage français !
Alors quid de l’accord UE-Mercosur actuellement négocié ? « On n’a pas grand-chose à y gagner, d’après l’économiste, mais ça ne sera pas la mise à mort de l’élevage français pour autant. »
Des questions éthiques plutôt qu’économiques
« Il faut savoir que nous sommes légèrement excédentaires (+240 000 tonnes) en viande bovine dans l'UE-27, rappelle Vincent Chatellier. De plus, les importations de viande bovine et de volaille prévues dans cet échange sont limitées au prorata de la consommation intérieure ! »
Il complète : « En ce qui concerne la France précisément, ça va représenter 150 000 t de viande en importation du Mercosur sur les 6,6 Mt consommés. » De quoi relativiser ?
Pour autant, l’expert en économie comprend les inquiétudes des éleveurs : « Ils ont raison d’un point de vue éthique : cette viande importée ne suit pas les mêmes normes que nous. Bien-être animal, produits réglementés : ce n’est pas équitable. Leurs craintes sont fondées, surtout quand on a chez nous un manque de dynamisme dans la filière. » De quoi alimenter l’ambiance morose chez les éleveurs !
Pour autant, l’économiste rappelle aussi qu’il ne faut pas oublier les importations de soja en Europe. Soja qui provient de ces mêmes pays…
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