L'offre de foie gras va diminuer de manière « significative » cette année du fait du « raz-de-marée » de la grippe aviaire qui affecte les deux principaux bassins de production français, a indiqué mercredi l'interprofession du foie gras.
« C'est l'une des plus graves crises de notre histoire », a déclaré le président du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) Éric Dumas, lors d'une conférence de presse à Paris, évoquant un « raz-de-marée » du virus dans les élevages.
L'épizootie prend une ampleur inédite cette saison. Jusque-là cantonnée au Sud-Ouest, elle s'est récemment propagée dans l'ouest des Pays de la Loire. La deuxième région française productrice de volailles derrière la Bretagne avait jusque-là toujours été épargnée.
Des millions de canards et autres volailles ont été abattus ou sont en passe de l'être pour endiguer le virus, qui avait contaminé 792 élevages au 15 mars. « Un quatrième épisode » de grippe aviaire dans le Sud-Ouest depuis 2015, « c'est déjà le coup de trop » pour les professionnels, alors « quand on apprend que ça démarre en Pays de la Loire... C'est quand même terrible », a déploré la directrice de l'interprofession, Marie-Pierre Pé.
Le Sud-Ouest produit 40 % du foie gras français, le bassin des Pays de la Loire 20 %. Mais ce secteur produit aussi 72 % des canetons de la filière et héberge de nombreux élevages de reproducteurs, cruciaux pour la reprise de la production.
La crise n'étant pas terminée, son impact est encore difficile à mesurer, mais l'offre de foie gras cru sera « réduite de manière significative » cette année, selon Mme Pé. Et ce alors que les réserves de conserves se sont « épuisées » en 2021, année également marquée par la grippe aviaire. La France a produit 11.674 tonnes de foie gras en 2021, contre 16.764 tonnes en 2019 et 19.242 en 2015.
« La question du recalibrage des outils industriels va se poser », a affirmé M. Dumas, suggérant que des emplois sont menacés. Les usines de transformation sont calibrées pour traiter 40 millions de canards gras par an, or il y en avait 23 millions en 2021, a précisé Mme Pé.
Après la crise de l'an dernier, il avait notamment été décidé de produire moins de canards par endroits et d'imposer le confinement des volailles quand le risque est « élevé », ce qui est le cas depuis début novembre. Désormais, « on réfléchit à laisser des bâtiments vides en période à risque » dans des communes comptant une forte densité d'élevages, a expliqué Mme Pé.
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