Marché. Vaches nourries 100 % sans OGM, élevées au pâturage, bien-être animal. Les cahiers des charges se font plus contraignants pour répondre aux attentes sociétales. Mais ces orientations sont-elles intéressantes économiquement pour les éleveurs ?
Les exploitations vont devoir s’adapter à la demande des marchés. L’attente des consommateurs se diversifie, entre ceux qui recherchent un prix bas et ceux qui sont prêts à payer un peu plus cher si on garantit un lait, un fromage, un yaourt bio, AOC, ou à l’herbe ou sans OGM. L’enjeu est de faire connaître ces produits et de faire admettre un prix différencié aux acheteurs. Certaines laiteries proposent à leurs éleveurs des contrats spécifiques. Une réflexion doit être menée pour bien mesurer les adaptations nécessaires et les coûts engendrés pour respecter un cahier de charges et estimer une éventuelle rémunération supplémentaire. Un changement de système demande toujours un investissement financier mais aussi en temps et il est indispensable de vérifier qu’il peut se réaliser à partir des structures de l’exploitation et en fonction des orientations souhaitées par les associés.
Des matières premières plus chères
Répondre au cahier des charges implique de se fournir en concentrés garantis sans OGM, plus coûteux. La quantité de fourrage ingéré au pâturage est plus importante. Elle demande des surfaces supplémentaires en herbe et la mise en place de paddocks pour les optimiser. C’est une remise en cause partielle de son système. Les matières premières et aliments sans OGM coûtent plus cher : + 70 à 80 € pour le soja, par exemple.
Les fabricants proposent des gammes d’aliments spécifiques. Plus la ration va contenir de matières premières OGM à l’origine, plus la différence de coût sera élevée. Les principales solutions sont de substituer un soja OGM par un soja non OGM, d’utiliser un correcteur azoté, une gamme d’aliments certifiée non OGM, de colza non OGM et de favoriser des fourrages riches en protéines dans la ration. Les systèmes utilisant peu d’aliments sont avantagés car il y en a moins à substituer.
|
Des surcoûts différents en fonction du choix des concentrés non OGM
Coût alimentaire de référence : 77 €/1 000 l, ration avec soja OGM de type « 3/4 maïs + 1/4 herbe » avec 3 kg de soja à 370 €/tonne, ration équilibrée à 28 kg de lait. |
|||
|
Nouvelle ration sans OGM avec équilibre de ration à 28 kg de lait |
Avec soja sans OGM à 450 €/t(1) |
Avec tourteau de colza sans OGM à 270 €/t |
Avec correcteur à 42 % de MAT certifié sans OGM à 370 €/t(2) |
| Coût alimentaire de la nouvelle ration | 86 €/1 000 l | 74 €/1 000 l | 77 €/1 000 l |
| Surcoût alimentaire | 9 €/1 000 l | - 3 €/1 000 l | 0 €/1 000 l |
|
(1) Le surcoût pour un soja OGM est en moyenne de 70-80 €/tonne (PCR < 0,9 %). Pour un aliment, cela sera variable selon le taux d’incorporation de la MP OGM. (2) Les fabricants indiquent généralement sur les fiches de gamme les aliments issus de végétaux sans OGM et donc utilisables dans des cahiers des charges spécifiques. |
|||
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026