Alors que l’obligation de contractualisation exigée par la loi Égalim 2 s’applique aux bovins mâles non castrés de 12 à 24 mois, aux vaches et génisses à viande ainsi qu’aux bovins sous signe officiel de qualité depuis le 1er janvier 2022, le collectif regroupant des éleveurs et des négociants sous la bannière « Agriculteurs et négociants solidaires » maintient sa position d’opposition au caractère obligatoire de la loi promulguée l’an passé. « Nous réfutons l’obligation de signer des contrats sur trois ans, explique Jean-Paul Boyer, négociant dans l’Aveyron et membre actif du collectif. La contractualisation doit rester un acte volontaire. Rendue obligatoire, elle devient une atteinte à la liberté de commercer et elle condamne la concurrence, le négoce privé et la motivation des éleveurs. Nous craignons que la filière du bovin à viande se dirige vers un modèle d’intégration total. »
Une loi inadaptée
Le collectif, asyndical, initialement formé dans l’Aveyron et le Cantal, deux départements d’élevage bovin par excellence, a manifesté son désaccord « sur une loi promulguée en quatre mois sans que les éleveurs soient concertés », le 23 décembre dernier, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) avec plus de 250 participants venus de toute la France. 450 manifestants sont également intervenus le 3 février à l’occasion du congrès de la Fédération nationale bovine (FNB) à Aurillac (Cantal).
« La FNB accuse les négociants “ d’exploiter les paysans depuis quarante ans ” . C’est de la diffamation alors que le commerce privé représente 70 % des parts de marché en bovins, précise Jean-Paul Boyer. La contractualisation obligatoire sur trois ans, devant s’appliquer au 1er juillet à la vente des broutards qui partent à plus de 80 % à l’exportation, est complètement inadaptée. Une loi franco-française fera-t-elle changer le marché de la viande en Italie, en Grèce ou en Algérie ? »
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