Recherche. Des travaux ont montré une certaine héritabilité de la capacité des vaches laitières à émettre du méthane. Toutefois, l’indexation semble encore lointaine.
Parmi les options pour réduire les émissions de méthane par les vaches laitières, la génétique semble être une piste sérieuse. Des premières mesures, utilisant diverses techniques de quantification du méthane, ont suggéré l’existence d’une certaine héritabilité, de l’ordre de 0,2 à 0,3.
Une étude conduite à l’université de Nottingham (Royaume-Uni) a cherché à mieux cerner le sujet, dans l’objectif de savoir si l’on pouvait envisager une véritable sélection sur le potentiel d’émission de GES des animaux. Les travaux ont concerné le troupeau de la ferme de l’université, composé de 184 vaches holsteins produisant en moyenne 11 000 kg de lait. Elles étaient issues de 165 femelles et 58 mâles différents. Leurs pedigrees étaient connus en moyenne sur cinq générations (de 1 à 9). Elles étaient logées dans un bâtiment à logettes classiques et traites au robot.
L’héritabilité est prouvée
Durant cinq mois, à chaque traite, un échantillon d’air expiré a été prélevé à l’aide d’un tube placé dans l’auge. Les échantillons ont ensuite été passés dans un analyseur infrarouge spécifique du méthane. Pour chaque vache, une moyenne d’émission quotidienne, puis hebdomadaire, a été calculée. Cette méthode a été retenue car elle présente une bonne corrélation avec les mesures effectuées dans des chambres de respiration. Dans ce cas, l’animal est isolé, ce qui permet de récupérer tout l’air expiré.
Dans le même temps, la production laitière et le poids de chaque vache ont été enregistrés à chaque traite. L’analyse des données a imposé des précautions afin de tenir compte de l’impact du stade de lactation, ou encore de l’environnement, sur les résultats. Finalement, l’héritabilité des émissions de méthane va de 0,12 à 0,45 (0,40 à 0,67 pour la production laitière), ce qui est cohérent avec d’autres résultats publiés. En revanche, cette étude conclut à une héritabilité plus forte en fin de lactation, ce qui n’a pas été observé ailleurs.
Indexer l’efficacité alimentaire, un espoir
Aucune corrélation n’a été vue entre les émissions de méthane et le poids des vaches. Les résultats publiés à ce sujet sont contradictoires.
L’étude a confirmé l’existence d’une corrélation positive entre les émissions de méthane et la production laitière (de 0,38 à 0,57). Elle est significative en fin de lactation. Cela s’explique par le fait qu’en début de lactation, la vache mobilise ses réserves. Ce phénomène ne produit pas de méthane. Par la suite, c’est l’alimentation qui permet de produire du lait, ce qui engendre une production de méthane. Ce lien, même partiel, entre les émissions de méthane et le niveau de production laitière, devra être pris en compte dans le cadre d’une sélection sur les émissions pour ne pas aboutir à une baisse du potentiel laitier.
Mais en pratique, la mise au point d’une sélection de ce type reste très compliquée à mettre en œuvre. « La recherche mise plutôt sur l’indexation de l’efficacité alimentaire », souligne Frédéric Lepoint, chez Gènes Diffusion. L’Inra y travaille déjà, ainsi que d’autres équipes à travers le monde. Évolution est en veille sur le sujet et rappelle que la longévité et la productivité réduisent l’empreinte carbone.
D’après Journal of Dairy Science, Vol. 102, No. 8, 2 019
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