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AutonomieRéintégrer de la céréale en système pâturant

Le triticale, par exemple, peut être moissonné pour son grain (et sa paille), mais aussi ensilé ou enrubanné. (©Terre-net Média)
Le triticale, par exemple, peut être moissonné pour son grain (et sa paille), mais aussi ensilé ou enrubanné. (©Terre-net Média)

Pour plus de sécurité fourragère dans les systèmes pâturants, Vincent Vigier, conseiller de la chambre d'agriculture du Cantal, recommande d'intégrer des céréales dans l'assolement. Cela passe bien sûr par une baisse des effectifs, mais en assurant du grain et de la paille ou un tampon fourrage si la céréale est récoltée en grain.

« Les prairies, ce n'est plus ce que c'était », affirme Vincent Vigier, conseiller de la chambre d'agriculture du Cantal. Car en effet dans le département, les éleveurs ont vu la productivité des prairies chuter fortement en 10 ans. Attaques de campagnols, sécheresse, « et ça n'est pas fini » selon lui...

Pour Vincent Vigier, les céréales et les méteils ont toute leur place dans les systèmes d'élevage pour renforcer l'autonomie alimentaire. « Ils ont une double utilisation : ils produisent de la paille, et on peut les ensiler ou les enrubanner si, début mai, on manque d'eau et qu'on s'inquiète de ce qu'on va donner à manger aux bêtes. »

Remplacer 1 ha de prairie par 1 ha de céréales

Le conseiller spécialisé en agriculture biologique et en agronomie recommande une rotation constituée de 2 ans de culture + prairie temporaire derrière. « On peut même éviter le labour via des techniques simplifiées ou du semi direct », complète-t-il.

Il prend les chiffres moyens des fermes de références du Massif Central de 2008 à 2018 avec les prix du grain et de la paille de 2021 (avant la hausse des coûts de production) :

En bio : 35 q/ha x 320 €/t3 t paille x 110 €/t
En conventionnel : 50 q/ha x 220 €/t4,5 t paille x 110 €/t
6 à 8 t MS de fourrage en récolte plante entière au stade floraison

Les années climatiques favorables, la céréale sera récoltée en grain. « Dans ce cas, la rentabilité est proche des marges brutes bovines. » En effet, l'expert a comparé la rentabilité d'une céréale par rapport à une surface fourragère :

Marges brutes des systèmes allaitants

(cas types BV 10 à BV 22) avec une productivité moyenne de 330 kg/UGB et un chargement corrigé de 1 UGB/ha

Marges directes (charges de mécanisation et de stockage comprises) d'une céréale bio à 35 q/ha ou conventionnelle à 50 q/haMarges brutes des systèmes laitiers avec une densité laitière de 5 000 l/an et un chargement corrigé de 1 UGB/ha
550 €/ha de surface fourragère750 €/ha1 000 €/ha de surface fourragère

NB : à partir des cas types bovins lait et allaitants du réseau Inosys sud Massif Central 2019. (MB animale/ha de surface fourragère = MB ateliers bovins + aides directes - charges opérationnelles des surfaces)

« Les années où il y a une sécheresse au printemps, on récoltera la céréale en vert pour tamponner la baisse de stocks et cela permettra de faire une culture dérobée d'été derrière. »

Baisser le chargement UGB

« En tant qu'éleveur, si on veut implanter des céréales, il faut d'abord accepter de diminuer ses effectifs. On fait 1 ha de céréale sur 1 ha de prairie, ce qui veut dire 1 UGB en moins. C'est l'occasion de sortir quelques animaux improductifs. »

Vincent Vigier recommande aussi de déléguer les travaux du sol et de semis : « Il ne faut pas reculer parce qu'on n'est pas équipé. Il faut compter environ 270 €/ha de frais d'ETA pour un labour ou un passage de cover crop + le semis au combiné. » Enfin, pour le broyage du grain et la mise en boudin, on est à 30 €/t broyée et stockée.

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