Critiquées par les syndicats agricoles, notamment les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA, les mesures annoncées pour soutenir les agriculteurs suite au déclenchement de la guerre en Iran ne satisfont pas non plus les producteurs de lait de la FNPL. Invitée à intervenir à l’assemblée générale du syndicat, le 25 mars, la ministre de l'agriculture a défendu son action, et la position française, mettant notamment en avant un niveau de fiscalité « parmi les plus faibles » sur le GNR, qui représente 1,3 milliard d’allégement de charge pour les agriculteurs. Un effort « qui n’est pas neutre » et qui « traduit le choix de soutenir la production agricole », dans un contexte budgétaire compliqué pour la France, a précisé Annie Genevard. Les mesures « de court terme » sont par ailleurs justifiées car la situation au Moyen-Orient reste très évolutive, ajoute la ministre qui espère la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz à un petit nombre de navires.
Mais l’argument est « inentendable », estime Yohann Barbe, président de la FNPL. « On a besoin de plus d’engagements du Gouvernement, sinon il faudra rouvrir l’ensemble des boxes de négociation », a-t-il poursuivi. Car si les coûts de production des éleveurs laitiers ne peuvent pas être maintenus au même niveau, il faudra au final que quelqu’un paye, soit le Gouvernement, soit le consommateur, a-t-il rappelé à la ministre.
« Il faut que les coûts soient partagés »
« Dans la mesure où vos coûts de production vont augmenter, et comme la loi Egalim protège l’amont agricole, il y a matière à discuter un avenant possible », défend de son côté Annie Genevard. D’autant que les transformateurs vont, eux aussi, subir l’augmentation du coût de l’énergie. Pour la ministre, on ne peut pas ne rien augmenter sous couvert d’éviter l’inflation : « il faut que les coûts soient partagés ».
Si Yohann Barbe pousse Annie Genevard à s’exprimer publiquement sur la réouverture des boxes de négociations, la ministre met en avant la nécessité d’un mouvement « coordonné, général », et juge « souhaitable » la tenue d’un nouveau comité de suivi des relations commerciales pour évoquer ces questions avec l’ensemble des maillons de la filière.
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