Au Space, dans un vide politique notoire, la FNPL est revenue sur les sujets marquants de la rentrée, prête à monter à l’assaut dès la nomination d’un ou d’une ministre de l’Agriculture.
« Il y a une vraie crise sanitaire, mais aussi une crise politique et cela nous inquiète ! », a entamé sans détour Yohann Barbe, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors de la conférence de presse du 18 septembre au Space, à Rennes. Au-delà de la question des prix du lait, plutôt bons actuellement, il s’inquiète du « comment allons-nous continuer à exporter demain ? » et espère retrouver « le milliard de litres de lait perdu ». En parallèle, Christophe Maginot, responsable sanitaire à la FNPL, évoque la baisse de la collecte à venir à cause du contexte sanitaire : « Avortement, perte de production, infertilité », les pertes indirectes des deux maladies qui circulent en France ne sont pas encore quantifiées, mais elles n’iront pas dans le sens de la hausse de production espérée à court et moyen terme. La FNPL revendique, comme les autres syndicats, la prise en charge complète par l’État des vaccins (FCO sérotype 3, 8 et MHE) et bien entendu une prise en charge « des pertes directes et indirectes » subies par les élevages. Elle dénonce, comme tous, « un retard à l’allumage » de la part de l’administration sur le plan de la vaccination.
Egalim et négociations commerciales
Autre sujet sur la table : les négociations commerciales. L’ancienne députée Anne-Laure Babault (MoDem et Independants) était présente afin de donner quelques éléments de son rapport, à rendre au prochain gouvernement, toujours en attente de constitution. Avec Alexis Izard (Renaissance), elle avait été mandatée par Gabriel Attal, en février, dans le cadre d’une mission parlementaire « afin d’évaluer une potentielle évolution du cadre législatif et réglementaire des lois Egalim et, plus globalement, des négociations commerciales ». Elle livre un élément de son rapport, contenant une trentaine de propositions, au sujet de l’origine de la matière première agricole (MPA) qui « est une MPA au sens large » dans la loi et non une MPA origine France. Dans tous les cas, Yohann Barbe confirme qu’« il n’y aura pas de projet de loi sur Egalim ou de modification avant la fin des négociations commerciales ». Aussi Benoit Gavelle, secrétaire général adjoint de la FNPL, espère-t-il « un accord sur la MPA entre producteurs et industriels avant que ces derniers ne rentrent en négociation avec les distributeurs » (date butoir d’envoi des CGV au distributeur le 21 novembre pour les industriels avec un chiffre d’affaires inférieur à 350 M€).
Quatre axes de travail au niveau européen
Pour finir, Ludovic Blin, premier vice-président de la fédération, est revenu sur les sujets européens, au lendemain de l’annonce du commissaire européen à l’agriculture Christophe Hansen. Il cite quatre grands axes de travail à venir. « Premièrement, le feuilleton sur la directive relative aux émissions industrielles (IED) n’est pas encore terminé puisque la Commission européenne a demandé un rapport sur la partie élevage bovin pour 2026 », explique-t-il. Ensuite arrive la question du bien-être animal à travers la réglementation sur le transport. Le sujet de la décarbonation est aussi sur la table car « l’Europe ne veut pas prendre en compte les efforts de réduction du carbone par la filière, à la différence de la France ». Par ailleurs, « il n’est pas question que l’aval de la filière accapare cette valeur créée ». Quant au dernier sujet, il porte sur le soja non déforestant, avec « une incapacité des acteurs à apporter de la lisibilité ».
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