Les représentants de la FNPL dénoncent le manque de communication de la part des coopératives laitières partenaires de Synutra, en proie à des difficultés. Ils critiquent par ailleurs l’absence d’efforts des collecteurs, privés et coopératifs, pour proposer un prix du lait en accord avec le redressement des marchés.
André Bonnard (FNPL) exhorte Sodiaal et Les Maîtres laitiers du Cotentin à davantage informer leurs sociétaires
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« On ne demande pas aux coopératives de nous raconter des salades ! Mais de nous dire la vérité ! » André Bonnard, secrétaire général de la FNPL et coopérateur Sodiaal, a vivement réagi aux difficultés du groupe chinois Synutra, obligeant la première coopérative à négocier en vue d’un rachat, au moins partiel, de l’usine de Carhaix, deux ans après le début de son fonctionnement.
« Les coopératives doivent dire à leurs sociétaires, en toute transparence, pourquoi elles en sont là, et surtout où cela peut-il aller, dans le pire des cas. »
Le représentant syndical ne se dit pas inquiet quant à l’avenir du débouché chinois pour les produits laitiers français. « Il y a dans tous les cas une demande croissante à long terme en Chine. » Mais il s’inquiète de la stratégie de sa coopérative. « Il ne suffit pas d’avoir des murs et de l’inox pour exporter. Il faut aussi des compétences. » L’éleveur estime que « les compétences techniques ont, semble-t-il, manqué dans le partenariat avec Les Maîtres laitiers du Cotentin ». « Et dans le partenariat avec Sodiaal, les compétences commerciales ont été entièrement déléguées au groupe chinois. »
« La montée en compétence que les coopératives laitières exigent de leurs producteurs, qu’elles se l’appliquent à elles-mêmes aussi ! »
« On ne s’improvise pas commercial à l’export vers la Chine », poursuit-il. Il faut que la coopération laitière s’attaque au marché chinois – car ce dernier constitue toujours un énorme potentiel – de façon coordonnée. »
Des prix du lait anormalement inférieurs aux tendances du marché
Devant la presse mardi 4 septembre, André Bonnard, Thierry Roquefeuil et Marie-Thérèse Bonneau, les deux autres leaders du syndicat laitier, se sont inquiétés des conséquences de ces deux dossiers pour les producteurs. Et ne se font guère d’illusion. « Si la coopérative ne gagne pas d’argent, temporairement, avec l’outil industriel, il faudra bien payer les charges fixes par une baisse du prix du lait. Il sera insupportable de voir une baisse du prix du lait à cause de stratégies coopératives mal évaluées, alors que, dans le même temps, les marchés sont en train de s’améliorer. »
Les représentants de la FNPL ne décolèrent pas non plus quant aux perspectives de prix affichés par les principaux collecteurs de lait. « On est loin de l’état d’esprit qui prévalait lors de la construction du plan de filière laitière et du début de la conclusion des Etats généraux de l’alimentation », commente Thierry Roquefeuil. « Lactalis ne fait pas de gros efforts sur le prix du lait. A croire que l’industriel est en train de conforter un peu plus ses résultats sur le dos des producteurs », poursuit André Bonnard.
« Lactalis avait une ligne rouge, à savoir payer autant – ni plus ni moins – que Sodiaal. L’industriel ne respecte plus cette ligne rouge. Les producteurs ne sont plus seulement la variable d’ajustement par rapport au marché. Ils sont aussi la variable par rapport aux résultats des collecteurs. »

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