« Comment peut-on dire que la filière laitière et les producteurs ne sont pas en crise ? » s’est interrogé Thierry Roquefeuil, mardi 13 décembre 2016 lors d’une rencontre avec la presse. Le président de la FNPL faisait ainsi allusion aux déclarations d’Olivier Picot, le président de la Fnil, qui, la semaine précédente, avait expliqué qu’il n’y avait pas de crise laitière au sens strict du terme.
« La filière laitière, contrairement à ce qui a été dit par la Fnil, est en situation de crise ! Le principal souci en Europe reste l’équilibre entre l’offre et la demande, analyse le président de la FNPL. Le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan a reconnu tardivement l’état de la situation de la filière laitière en Europe. Une reconnaissance qui a permis la mise en place des indemnités incitatives pour la réduction de la production. « Mais une réduction volontaire de la production par les éleveurs ne signifie pas que les entreprises s’inscriront dans le temps dans ce schéma de maîtrise de l’équilibre offre-demande », s’interroge-t-on à la FNPL.
« Nous devons pousser le commissaire européen à concrétiser la prise de responsabilité des entreprises. Il doit leur rappeler qu’elles sont l’interface entre la production et le marché. Il y a des solutions qui peuvent être trouvées à condition qu’il y ait une dynamique européenne pour les mettre en place. Notre objectif est de ne pas produire le lait quand il n’y a pas de débouché. »
De nouvelles conditions de négociation
Sur la scène française, l’heure n’est pas encore à l’embellie, malgré la remontée des cours mondiaux. « Chez Lactalis, nous sommes à un prix du lait de 300 €/1 000 l pour décembre pour atteindre une moyenne annuelle 2016 de 275 € », explique Jean Turmel, secrétaire général adjoint de la FNPL et éleveur dans le Calvados. Avant de fustiger : « Lactalis n'a aucune vision de modernité avec ses fournisseurs, ni aucune transparence, ils ne publient pas leurs résultats et appliquent une politique à la tête du client ! Si Lactalis ne prend pas la mesure de la modernisation de la relation avec ses clients en instituant plus de transparence, nous nous donnerons les moyens d'assécher la fourniture de lait de cette entreprise-là », a-t-il menacé.
Le géant laitier va devoir toutefois se plier aux nouvelles conditions de négociations introduites par la loi Sapin 2. Des mesures pour lesquelles la FNPL est satisfaite. Outre une obligation de publication de leurs comptes sous peine d’astreinte financière de 2 % du chiffre d’affaires journalier, les laiteries devront mentionner dans les contrats avec les distributeurs une estimation du prix du lait payé aux producteurs. Pour les distributeurs, les promotions pour les produits laitiers seront par ailleurs limitées à 30 % maximum.
En amont de la filière, un accord-cadre entre les OP et les transformateurs doit désormais être signé préalablement à tout renouvellement de contrat individuel entre un producteur et son collecteur.
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