Une soixantaine d’adhérents à Ségrafo(1) se sont réunis, fin janvier près de Rennes, pour s’informer sur l’association Lait de foin (Heumilch France), née en novembre 2016. Les meneurs du projet ont découvert la marque Heumilch en Autriche en 2013. Elle y représente 8 000 éleveurs et 450 Ml de lait (15 % de la production). Des Allemands et des Suisses ont rejoint la démarche. Le cahier des charges impose 75 % d’herbe et de foin dans la ration et aucun aliment fermenté.
Signe de qualité «
souple » sans lien au territoire
Cette marque est reconnue par un signe officiel de qualité européen depuis mars 2016 : la spécialité traditionnelle garantie.
Souple, elle valorise un savoir-faire mais sans être liée au territoire, tout en protégeant la dénomination. L’exemple autrichien montre un meilleur prix du lait mais aucun chiffre précis n’est avancé. Plusieurs études le montrent : le lait de foin a un meilleur profil en acides gras et rendement fromager. « Des laiteries sont intéressées, mais nous ne voulons pas être court-circuités afin de garder la plus-value. Notre priorité est de structurer l’amont pour représenter une offre, et de communiquer auprès du consommateur, souligne le président, Didier Le Hec. La demande et la valorisation suivront. Des solutions existent pour la collecte, comme les camions compartimentés. Les bio l’ont fait avant nous ! Rien n’empêche de vendre son lait à différents opérateurs, et la durée des contrats sera bientôt assouplie. »
L’association travaille avec l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) sur l’organisation à imaginer pour garantir le respect du cahier des charges. Une cotisation de 50 €/an permet aux éleveurs de s’engager. Elle pourrait être portée à 2 €/1 000 litres, comme en Autriche, pour avoir les moyens de communiquer.
Nathalie Tiers
(1) Sécheurs en grange de l’Ouest. Contact : 02 99 41 57 35 ou laitdefoin@gmail.com
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