La crise sanitaire due au coronavirus pousse la coopérative néerlandaise Friesland Campina (FC) à accélérer sa transformation. La fermeture des restaurants un peu partout dans le monde a restreint les débouchés. Et les marges restent sous pression aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Malgré tout, les objectifs de bénéfices ont été tenus grâce notamment à un renforcement de ses positions aux Pays-Bas, au Pakistan, en Indonésie ou en Chine.
Pour maintenir les prix à la production et se préparer à rebondir, la coopérative s’engage dans un plan drastique de réduction des coûts. Un millier d’emplois seront supprimés en 2021 – pour un total de 24 000 salariés dans le monde – principalement aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. La coopérative privilégiera les départs volontaires. Ces suppressions de postes s’inscrivent dans la recherche d’une meilleure efficacité organisationnelle. Des fermetures de sites sont envisagées afin de supprimer les surcapacités industrielles existantes dans les pays concernés.
Pas de bonus pour les dirigeants
De plus, les dirigeants de l’entreprise ne toucheront pas de bonus au titre de l’année 2020. Et une réflexion est en cours pour réduire les participations de FC dans des secteurs non essentiels via des cessions. L’objectif est de renforcer les fonds propres. Les économies devront se monter à 100 M€/an jusqu’en 2022. Le coût de cette restructuration, évalué à au moins 150 M€, sera financé pour l’essentiel par les bénéfices de 2020.
Cela devrait donner les moyens à la coopérative de booster sa croissance dans les segments dégageant le plus de valeur ajoutée afin d’améliorer sa rentabilité. Les grandes orientations définies en 2018 dans le cadre d’un plan stratégique restent plus que jamais d’actualité. Friesland Campina va continuer à investir dans l’innovation en matière de nutrition, éventuellement avec des partenaires. Elle va accélérer le développement du commerce en ligne et accentuer ses efforts sur la durabilité de ses produits, du champ à l’assiette.
Par ailleurs, les produits laitiers de FC et notamment la poudre de lait infantile, entraient jusque-là en Chine via le port de Hong Kong. La fermeture de la frontière entre les deux l’oblige à trouver une autre voie, ce qui demandera un certain temps.
Le géant batave se donne ainsi les moyens de conforter sa rentabilité et celle de ses actionnaires éleveurs. Des idées à prendre pour ses homologues français ?
Pascale Le Cann
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